Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi en France et en Europe contre la politique sécuritaire du gouvernement jugée «xénophobe» notamment à l'égard des Roms, à l'appel d'associations, syndicats et partis de gauche. Ainsi à Paris ils étaient 12.000 selon la police et 50.000 selon les organisateurs. Dans toute la France, ils étaient 77.300 personnes selon la police et 100.000 selon les organisateurs à manifester.
La mobilisation a été lancée en chanson par des artistes, parmi lesquels les chanteuses Jane Birkin, Jeanne Cherhal et la cinéaste Agnès Jaoui, venus interpréter «Les Petits Papiers», célèbre chanson de Serge Gainsbourg, sous les fenêtres du ministre de l'Immigration Eric Besson. «On fait des boucs émissaires, sans-papiers ou Roms, qui peuvent être expulsées contrairement à moi, qui suis également étrangère», s'est indignée Jane Birkin. Une délégation - Régine, Birkin, l'écrivain Dan Franck, l'ancien résistant Stéphane Hessel - a ensuite été reçue par le cabinet de M. Besson. «C'était une discussion de sourds», a rapporté à l'AFP Richard Moyon (RESF).
Ces manifestants ont alors rejoint le cortège parisien, ouvert symboliquement, vers 14h30 par les familles roms de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), dont le campement a été rasé le 12 août.
De nombreux responsables d'associations (LDH, Emmaüs, Dal, Attac, le Mrap, etc.), de syndicats (la CGT, la CFDT, FSU) et de partis politiques de gauche marchaient au coude à coude sur des airs de musique tsiganes. Parmi eux: Marie-George Buffet (PCF), Corinne Lepage, ex-ministre de l'Environnement, Jean-Luc Mélenchon (parti de Gauche), Cécile Dufflot (les Verts), Danielle Mitterrand, Bernard Thibault (CGT), Jean-Paul Huchon (président socialiste de la région Ile-de-France), Olivier Besancenot (NPA).
D'autres cortèges étaient prévus dans quelque 130 villes en France. Bordeaux a ouvert le bal samedi matin (3.500 manifestants selon les organisateurs, 1.200 selon la police) avec une large banderole indiquant: «Halte au racisme, liberté, égalité, fraternité en danger». Aux côtés de syndicalistes marchaient des gens du voyage, dont certains venus de Mont-de-Marsan (Landes). «Nous protestons contre cette chasse à l'homme qui assimile les gens du voyage à des bandits de grands chemins», a souligné à l'AFP Ange Loustalot, responsable d'une association régionale de tsiganes.
Des rassemblements ont également eu lieu devant des ambassades françaises de plusieurs pays de l'Union européenne. Ainsi à Londres, une vingtaine de personnes ont brandi des pancartes à l'effigie de Nicolas Sarkozy barrées du commentaire: «Derrière le sourire, la culpabilité». A Bruxelles, une centaine de personnes dont des Roms portaient des banderoles disant «Sarkozy: Voulez-vous acheter un Rom? 300 euros l'adulte, 100 euros l'enfant», en référence aux montants de l'aide au retour.
>> Pour éviter tout débordement nous préférons fermer cet article aux commentaires au moins temporairement.