Remise en liberté du braqueur présumé d'Uriage: c'est la guerre entre police et magistrats

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Publié le 3 septembre 2010.

JUSTICE - Depuis jeudi soir, les attaques se succèdent...

«Forfaiture, intolérable, scandaleux»... La décision du juge des libertés de Grenoble de laisser en liberté le second braqueur présumé du casino d’Uriage semble avoir exacerbé une véritable guerre police-justice.

>> La détention provisoire, comment ça marche?

Nicolas Sarkozy a jugé «difficilement compréhensible» cette remise en liberté sous contrôle judiciaire alors que le parquet avait requis une mise en détention provisoire.

Dès jeudi soir, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait exprimé sa «très vive indignation», tandis que sa collègue de la Justice, Michèle Alliot-Marie, demandait immédiatement au parquet de faire appel.

Appel à «l’union sacrée»

Entre-temps, des syndicats de policiers, déjà excédés par le non-placement en détention de deux jeunes condamnés à la mi-août dans l'Essonne pour des violences contre les policiers, concluaient que certains magistrats n'avaient de cesse de «saboter systématiquement» leur travail.

Deux autres organisations de policiers se sont ensuite montrées vendredi nettement plus pondérées, l'une appelant à «l'union sacrée» dans la lutte contre l'insécurité, l'autre refusant de «stigmatiser» quiconque.

«On est dans une situation totalement irrationnelle, parce qu'on est à Grenoble», a estimé Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), refusant que les magistrats servent de «boucs émissaires» face à la hausse de la délinquance et de l'insécurité.

L’USM réfléchit à «d’éventuelles plaintes»

«Comme si placer un homme en prison était la récompense du travail des policiers!», s'est-il indigné, en rappelant par ailleurs que «jeter le discrédit sur une décision de justice» était une «infraction» et que l'USM réfléchissait à «d'éventuelles plaintes si les mises en cause systématiques de magistrats persistent».

«On est dans une espèce de zone d'exception créée par le ministère de l'Intérieur qui veut absolument des résultats et qui, via la ministre de la Justice, met le parquet sous une pression démente», a également analysé Patrick Henriot, vice-président du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

«Tout se passe comme si, à partir du moment où le ministère annonce qu'on a arrêté le deuxième braqueur, c'est forcément lui et il doit forcément aller en prison», a-t-il ajouté, les deux syndicats de magistrats insistant sur la «présomption d'innocence».

MAM regrette invectives et tensions

Le JLD - fonction créée par la loi sur la présomption d'innocence de juin 2000 - étudie «le dossier qu'on lui présente et voit s'il y a des charges suffisantes pour justifier un placement en détention», ont rappelé les syndicats de magistrats.

Pour Laurent Bedouet, «si entre acteurs de la chaîne pénale on commence à se tirer dans les pattes, c'est l'échec assuré de toute la politique pénale». La ministre de la Justice «regrette» elle aussi «les invectives et les tensions», a déclaré son porte-parole, Guillaume Didier. Elle les «regrette d'autant plus qu'elles ne reflètent pas la réalité quotidienne du terrain», a-t-il ajouté.

Avec AFP
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