Braquage du casino d'Uriage: Colère de la police après la libération du second braqueur présumé

Publié le 2 septembre 2010.

JUSTICE - Le parquet a fait appel de cette décision...

Une décision polémique. Le second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère) a été libéré et placé jeudi sous contrôle judiciaire après sa mise en examen par la juge d'instruction, provoquant la colère des policiers et du parquet qui a immédiatement fait appel. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a exprimé de son côté sa «très vive indignation».

Dans l'après-midi, Monsif Ghabbour, 25 ans, déjà condamné à sept reprises, avait été mis en examen par une juge pour «vol à main armée» et «tentative d'homicides volontaires», dans le cadre d'une information judiciaire sur le braquage suivi de tirs des malfaiteurs contre les policiers. Il avait été interpellé mardi à Voreppe (Isère), à une quinzaine de kilomètres de Grenoble, un mois et demi après le braquage.

«Absolument inacceptable»

La décision de libérer Ghabbour a été prise dans la soirée par le juge des libertés et de la détention (JLD) qui est allé à l'encontre des réquisitions du parquet, lequel avait requis son placement en détention provisoire, a-t-on précisé de source judiciaire.

Le parquet a immédiatement fait appel, sur instruction du ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie. Dans une déclaration à l'AFP, le procureur général de Grenoble, Martine Valdès-Boulouque, a jugé la décision de remise en liberté «absolument inacceptable compte tenu des charges très graves qui pèsent» contre M. Ghabbour.

Synergie (second syndicat d'officiers de police) a dénoncé cette libération comme un «acte de forfaiture». «Les policiers sont écoeurés», a déclaré à l'AFP Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat. Selon une source proche du dossier, des éléments matériels, notamment une expertise, incrimineraient Ghabbour, qui a constamment nié les faits mais bénéficierait par ailleurs d'auditions de témoins à décharge.

Une décision «exemplaire» pour l’avocat de Ghabbour

De son côté, l'avocat de Ghabbour, Me Denis Dreyfus, a salué une décision «exemplaire» du juge considérant à l'inverse que «le dossier» visant son client «est vide au niveau des éléments à charge» et n'est que «celui de la rumeur». «Les effets d'annonce que nous avons eus dans cette affaire à l'égard de mon client étaient totalement injustifiés, a-t-il déclaré ajoutant: ce soir c'est la force de la justice dans l'indépendance, la mesure, la recherche de la vérité qui ont triomphé.»

Les enquêteurs soupçonnent Ghabbour d'avoir braqué le casino d'Uriage dans la nuit du 15 au 16 juillet aux côtés de Karim Boudouda, qui avait trouvé la mort lors d'un échange de tirs avec la police, après une course-poursuite. La mort de Boudouda, dont le complice avait pris la fuite, avait provoqué trois nuits de grandes violences urbaines dans le quartier de la Villeneuve, où Boudouda a passé son enfance. Lors de ces incidents, les policiers avaient essuyé des tirs à balles réelles.

Le JLD a néanmoins exigé que Ghabbour établisse sa résidence chez son frère, pointe deux fois par semaine au commissariat, ne se rende pas dans le quartier de la Villeneuve et ne rencontre aucune des personnes citées dans la procédure, selon une source judiciaire.

Depuis l'âge de 18 ans, le jeune homme a été condamné sept fois, dont une par la cour d'assises de l'Isère à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour vol à main armée.

J.C. avec AFP
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