«Les reconduites de ressortissants bulgares et roumains s’accélèrent.» Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a confirmé ce jeudi matin la politique de la France à l’égard des Roms. Près de 300 d’entres eux ayant accepté l’aide au retour humanitaire ont été expulsés jeudi midi vers Bucarest, depuis les aéroports de Lyon et Roissy-Charles de Gaulle.
Un vol de la compagnie aérienne Blue Air transportant 125 Roms a décollé depuis Lyon avant midi. A l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, 158 autres ont été renvoyés peu après. Le gouvernement avait annoncé que 283 Roms seraient renvoyés de France à la mi-journée.
Les accès barrés par les gendarmes
Tous sont arrivés dans des autocars aux aéroports. La plupart le visage fermé et sous bonne escorte policière. Chargés de valises ou de sacs en toile, les voyageurs n'ont fait aucune déclaration. A Lyon, les accès à la porte d'embarquement pour Bucarest étaient interdits au public, barrés par des gendarmes.
Assistant à la scène, Abdalallah, 48 ans, un voyageur d'origine algérienne s'est déclaré «choqué, surtout par cette politique. De la part d'un pays démocrate, c'est une agression.»
8.313 Roms renvoyés en 2010
Avec les vols de ce jeudi, ce seront 8.313 Roumains et Bulgares qui auront été raccompagnés, en grande majorité «de manière volontaire», depuis le 1er janvier, contre 9.875 pour l'ensemble de l'année 2009.
Ces chiffres ont été divulgués par Eric Besson en pleine visite de concertation à Paris de ministres roumains et au moment où la Commission européenne a exprimé son «inquiétude» sur la politique de la France à l'égard des Roms.
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