«Les jeunes diplômés ne sont pas forcément à l’honneur», souffle Christophe, 25 ans, en recherche d’emploi depuis six mois. «L’attente devient longue et je ne suis pas éligible au RSA. Si je ne bénéficiais pas du soutien financier de mes parents, chez qui je vis, ma situation serait délicate», assure le jeune ingénieur.
Mercredi, le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse, a annoncé la mise en place du nouveau dispositif RSA Jeunes. La mesure doit entrer en vigueur le 1er septembre prochain et profiter à quelque 160.000 personnes. A chaque fois, pourtant, les jeunes concernés devront justifier de deux années d’activité à temps plein sur les trois dernières années.
Les absents du dispositif
Pourtant, comme Christophe, de nombreux jeunes vont faire leurs premiers pas sur le marché du travail dès la rentrée. Et pour beaucoup, la situation inquiète. «A partir de la rentrée, j’aurais un crédit étudiant à rembourser alors que je n’ai pas encore de revenu», lance Claudia, 22 ans, diplômée d’une école d’interprète mais désireuse de se lancer dans le théâtre.
La jeune femme s’est inscrite dans une agence d’intérim afin de pouvoir manger et se dégager du temps pour les castings. Cela pourrait être une bonne nouvelle puisque le nouveau dispositif va prendre désormais en compte toutes les périodes de travail (CDD, CDI, contrat de professionnalisation ou d’apprentissage et intérim). Mais ces boulots ne permettront pas à Claudia de toucher le RSA avant… au moins deux ans.
Une sensation d’abandon
«On est un peu lâché dans la nature. C’est comme si les gens pensaient qu’on trouvait du travail dès notre sortie d’école», ironise-t-elle. «J’évite d’y penser car cela m’angoisse. Mais je sais que, faute de moyens, j’ai moins de temps pour réfléchir à mes envies de carrière.»
Cette transition rapide entre fin d’études et vie professionnelle, Audrey la connaît également. Elle aussi se sent abandonnée. La jeune femme vient d’achever son master en journalisme. «J’ai choisi une voie difficile mais je suis extrêmement inquiète. A part les APL, je ne bénéficie d’aucune aide financière», explique-t-elle.
Boulot alimentaire ou recherche d’emploi
Audrey compte bien lutter contre cette situation précaire. Après cinq ans d’études, la jeune femme reprendra un job «alimentaire» dans un bar dès le mois d’octobre, parallèlement à sa recherche d’emploi dans le journalisme. «J’ai vécu une sensation de déclassement lorsque j’ai compris qu’il allait falloir passer par ce type de boulots pour vivre», déplore-t-elle. «C’est très difficile à vivre au niveau de l’égo et vis-à-vis de ma famille qui a investi pour moi».
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