Roms: la France épinglée par l'Union européenne

Publié le 19 août 2010.

POLEMIQUE - La Roumanie et la Bulgarie ont notamment réagi aux expulsions prévues...

Alors que le premier vol de reconduite à la frontière de 79 Roms en situation irrégulière doit avoir lieu ce jeudi et que la liste de démantèlements des camps illégaux s’allonge, des voix s’élèvent concernant la politique observée par la France.

La crainte de «réactions xénophobes»

Le ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Baconschi a haussé le ton. Une première depuis le durcissement de la politique sécuritaire de la France. Mercredi, le chef de la diplomatie s’est dit inquiet des «risques de dérapage populiste» et de «réactions xénophobes sur fond de crise économique».

Le ministre roumain «espère» aussi que la légalité sera respectée pour chacune des «expulsions» prévues par Paris. Selon le ministère français de l’Intérieur, trois vols sont prévus ce jeudi, ce vendredi et jeudi 26 août vers la Roumanie. D’ici à la fin août, 700 Roms seraient ainsi rapatriés.

La «stigmatisation» des Roms dénoncée

En Bulgarie, où près de 800.000 Roms vivent, la politique de la France fait également grincer des dents. La presse d’opposition s’est emparée du sujet par le biais du journal Sega. Ce dernier a dénoncé la politique de «déportation» des Roms.

Interrogée par l’AFP, Ilona Tomova, spécialiste des Roms à l’Académie bulgare des sciences, s’est dit «attristée que la France, pays symbole de la démocratie contribue à la stigmatisation» de cette population. Des associations de défense des Droits de l’homme ont également fait part de leur inquiétude. 

Bruxelles prévient Paris

Ces inquiétudes sont partagées par la Commission européenne qui suit «attentivement» la situation. Mercredi, Bruxelles a rappelé à la France de «respecter les règles» concernant la libre circulation et l’établissement des personnes dans l’espace européen. Comme tout citoyen, les Roms sont censés en bénéficier.

De son côté, Paris se défend. Selon le Quai d’Orsay, les mesures décidées à l’encontre des Roms en situation irrégulière sont «pleinement conformes aux règles» fixées par l’UE.

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Julie Rasplus, avec AFP
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