Racisme: Critiquée par l'ONU, la France se défend

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Publié le 12 août 2010.

INTERNATIONAL - Les experts onusiens jugent la politique menée sur les minorités...

La France s’attache à «garantir les libertés publiques» mais également à préserver le droit à la sécurité, «premier des droits de l’Homme», a assuré jeudi Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, en réponse aux critiques de l’ONU sur la «recrudescence notable du racisme et de la xénophobie» dans l’Hexagone. «Les polémiques entretenues ici ou là au sujet de décisions prises par le gouvernement français n’ont pas lieu d’être» car «toutes ces politiques actuellement menées par le gouvernement français ne visent précisément qu’à garantir les libertés publiques», a-t-il ajouté, à Genève, devant les représentants du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD).
«La France est un Etat de droit rigoureusement respectueux des Droits de l’Homme dont elle a été la première inspiratrice depuis deux siècles», a-t-il dit, relevant que le plan national de lutte contre le racisme que le gouvernement a décidé d’engager à la rentrée «a été très positivement accueilli à Genève hier».

«Le carnet de circulation nous rappelle l'époque de Pétain»

Les experts du CERD ont en effet mis la France sur le banc des accusés mercredi, lors de l'examen de sa politique des minorités, reprenant à Genève le débat qui se joue en France.  Cette recrudescence résulte d’un manque «de vraie volonté politique», a noté un rapporteur américain. La politique récemment mise en place pour les Roms et les gens du voyage a également été dénoncée, notamment le système d'attribution de visa de circulation ainsi que le droit de vote conditionné à plusieurs mois de vie dans la même commune. «Le carnet de circulation nous effraie, nous rappelle l'époque de Pétain», a expliqué Waliakoye Saidou, le représentant du Niger.

Preuve que le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, dans lequel il réclame que la nationalité française puisse «être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait porté atteinte» à un «dépositaire de l'autorité publique», a traversé les frontières, l’expert turc s'est étonné de la notion de «Français d'origine étrangère», ajoutant: «je me demande si cela est compatible avec la constitution». Au total, les experts ont jugé que les résultats n'étaient pas à la hauteur des efforts.

M.P. avec AFP
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