- B.GUAY / AFP

Une partie de l’UMP a obtenu gain de cause contre Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, qui s’est dite favorable aux salles de shoot. Ce n’est «ni utile, ni souhaitable», a rétorqué Matignon, ce mercredi en fin de journée.  «La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogue, non de l'accompagner, voire de l'organiser», a-t-on affirmé au bureau du Premier ministre.

Un peu plus tôt, Roselyne Bachelot avait redit son intérêt pour la mise en place possible de «centres de consommation supervisés» de drogue dans le cadre d’une «politique de réduction de risques».

A Bayonne, elle avait explique que la création de ces salles d'injection de drogues serait «soumise à des pré-requis indispensables», tels que «l'interdiction de tout acte de vente», la «prise en charge globale» des toxicomanes ayant recours à de tels centres et «l'adhésion de tous les acteurs locaux». D’autres comme Nadine Morano au gouvernement, ou le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, étaient sur la même ligne.

Opposition et associations y sont favorables

Mais cette position a provoqué une grogne de députés de la majorité, relayée par Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP. «Vraiment opposé» à l'ouverture de telles salles, il a soutenu que l'objectif doit être de «casser la dépendance, non de l'accompagner». Des salles de shoot, ce serait «un très mauvais signal», a-t-il tranché mercredi. Lundi, c’était 14 députés UMP qui avaient fait connaître leur opposition. Mais «pourquoi Roselyne Bachelot s'est-elle laisser aller en se disant plutôt favorable» à leur ouverture, s'étaient-ils interrogés dans un communiqué. «Comme si le fait de se droguer dans un local aseptisé rendait la drogue plus douce et moins dangereuse!», écrivaient-ils.

A gauche en revanche, on salue l’initiative. Le Parti socialiste y est «favorable» car tout ce qui va dans le sens d'un «meilleur encadrement sanitaire des toxicomanes» est «positif». «C'est la seule façon de traiter la toxicomanie» et «ceux qui s'opposent à cette prise en charge font la politique de l'autruche», affirme Jean-Louis Roumégas, porte-parole des Verts. Pierre Chappard, coordonnateur d'un collectif d'associations de réduction des risques pour les drogués, a également estimé que ce serait un progrès, une «porte d'entrée vers le soin» et d'un facteur de lien social, à l'opposé de l'image véhiculée par l’UMP.

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