Le Pentagone a haussé le ton jeudi contre WikiLeaks en exigeant que le site Internet d'informations rende «immédiatement» les 15.000 documents militaires confidentiels sur l'Afghanistan qu'il n'a pas encore publiés et qu'il retire de la Toile ceux déjà diffusés.
«Le département de la Défense exige que WikiLeaks rende immédiatement au gouvernement américain tous les documents extraits directement et indirectement des bases de données du département de la Défense», et «qu'il les efface de ses sites, de ses ordinateurs et de ses archives», a annoncé son porte-parole, Geoff Morrell.
«La publication par WikiLeaks d'un grand nombre de nos documents a déjà mis en danger nos troupes, nos alliés et les citoyens afghans qui travaillent avec nous», et «la diffusion d'informations classifiées supplémentaires ne peut qu'aggraver la situation», a-t-il ajouté, alors que le site Internet a annoncé son intention de publier 15.000 nouveaux documents.
«Nous ne sommes pas très optimistes» quant à la réaction de WikiLeaks, «mais nous devons essayer», a-t-il expliqué. Morrell a par ailleurs assuré que le Pentagone n'avait pas été sollicité par WikiLeaks pour l'aider à retirer les noms d'Afghans aidant les forces étrangères de ces nouvelles archives, contrairement aux dires d'un porte-parole du site Internet.
Morrell a agrémenté son invective d'une menace à peine voilée à l'encontre du groupe en assurant qu'en cas de refus, ils étudieraient «d'autres alternatives pour les obliger à faire ce qu'il faut». Il a rappelé que le FBI et le ministère américain de la Justice, qui enquêtent sur ces fuites, avaient «autorité, s'ils le souhaitent, pour aborder le problème via le système judiciaire».