A l'issue d'une réunion inédite sur les Roms et les gens du voyage, Brice Hortefeux a annoncé une série de mesures répressives. Le remède à l'insécurité «ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire», ont réagi les évêques de Vannes et Belfort, en charge des migrants et des gens du voyage, en déplorant «vivement» «des généralisations hâtives» envers ces communautés.
Même son de cloche à gauche, l'opposition dénonçant le même surenchère «sécuritaire» et «xénophobe» et estimant que les mesures annoncées par Brice Hortefeux sont destinées pour certains à faire «diversion» sur fond d'affaire Woerth/Bettencourt. La gauche demande par ailleurs le respect des lois sur l'accueil de ces communautés nomades.
«On désigne des populations à la vindicte, on crée une immense confusion» et «une nouvelle fois, le président de la République, son gouvernement et sa majorité jettent les Français les uns contre les autres, c'est insupportable», a dénoncé le député-maire PS d'Evry, Manuel Valls.
Les Verts ont déploré la réunion «scandaleuse» mercredi autour de Nicolas Sarkozy entre «ministres spécialistes des délires paranoïaques anti-étrangers», estimant que le chef de l'Etat met à l'index ces populations «pour cacher l’échec de sa politique».
Réponse du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre: le PS et les Verts «préfèrent nier la réalité» concernant «les problèmes que pose le comportement de certains» chez les gens du voyage, comme ils le font «pour les questions d'immigration».
«Le dispositif déterminé à l'Elysée est à la fois juste et doit s'avérer efficace», avait estimé plus tôt dans un communiqué Dominique Paillé. «Toutes ces mesures permettront le respect de l'Etat de droit, amélioreront la prévention des délits et sanctionneront tous ceux qui ignoreront la loi», a estimé le porte-parole du parti présidentiel.
La Commission européenne a de son côté donné son assentiment à la politique annoncée mercredi. «Les lois européennes sur la libre circulation des citoyens européens donnent le droit aux Etats membres (de l'UE) de contrôler leur territoire et de lutter contre la criminalité», a souligné le porte-parole de Viviane Reding, commissaire en charge de la Justice et des droits fondamentaux des citoyens.
La nouvelle a pourtant déclenché une levée de bouclier de la part des ONG. Pour SOS Racisme, les conclusions de la réunion de l'Elysée «procèdent d'un festival de clichés éculés entourant les populations visées: fraudeurs au fisc et non-respectueux de la loi». La Licra a de son côté déploré que les conclusions de la réunion «ont pour conséquence première d’enfermer deux populations, distinctes, dans un statut de présumé délinquant, contraire aux principes de la République».