Gérard Longuet soupçonné de conflit d'intérêts

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Publié le 29 juillet 2010.

POLITIQUE – Mediapart révèle qu'il a effectué une mission de conseil pour GDF-Suez alors que des textes sur l'énergie ont été examinés au Sénat...

De nouveaux soupçons de conflits d'intérêts au sein de la majorité? Mediapart révèle que Gérard Longuet, actuel président du groupe UMP au Sénat, a exercé une mission de conseil rémunérée pendant 15 mois pour GDF-Suez sur le dossier du nucléaire. D'après le groupe, le contrat, passé en septembre 2008, portait sur «une réflexion de déploiement du nucléaire en France et à l'international». D'après le site, l'initiative aurait été prise par Albert Frère, actionnaire principal du groupe français après l'Etat, proche ami de Nicolas Sarkozy - il était notamment au Fouquet's le 6 mai 2007.

Gérard Longuet, qui a confirmé l'information au site, explique que cette mission a «a donné lieu surtout à des rencontres, à des échanges de vue, des entretiens avec des hommes politiques», qu'il a communiqué ensuit à Gérard Mestrallet, le patron du groupe.  Pour Gérard Longuet, il n'y a rien qui relève du conflit d'intérêts puisque il a mis un terme au contrat quelques mois après qu'il a été élu président du groupe UMP au Sénat en juillet 2009. «J'ai annoncé à Gérard Mestrallet que je n'aurais plus suffisamment de temps pour m'occuper de cette mission. De plus je trouvais compliqué de poursuivre ce travail, tout en étant président du groupe de la majorité», explique-t-il au site. Il assure en outre n’avoir jamais pris part aux discussions sur l'énergie dans l'hémicycle, ce que confirment les comptes-rendus des débats consultés par Mediapart, que ce soit sur la libéralisation de l’énergie ou les tarifs.

Code électoral

Ce n'est pas tout à fait l'avis d'un parlementaire de l'opposition contacté par Mediapart, qui souhaite rester anonyme: «Ce mandat de conseil n'est peut-être pas illégal. Le conflit d'intérêts lui est réel et demeure. Se défendre en disant qu'il n'intervient pas dans les débats sur les questions d'énergie est un piètre argument. D'abord, ce n'est pas le rôle d'un président de groupe de prendre position dans les discussions. Ensuite, il passe sous silence son rôle d'organisateur de la majorité au Sénat. C'est lui qui choisit les rapporteurs des textes, désigne les animateurs dans les commissions. Ce sont des choix décisifs pour la suite des discussions», déclare-t-il au site.

Le code électoral rappelle que le législateur doit être totalement indépendant par rapport à tout groupe de pression mais il n'y a pas de règles écrites précises. Logiquement, le sénateur doit déclarer sur l'honneur toute activité susceptible de relever du conflit d'intérêts au bureau du Sénat, qui examine le cas. Gérard Longuet a déclaré son activité de conseil mais il n'a pas précisé qu'elle concernait un grand groupe énergétique susceptible d'être concerné par les lois votées.

M.P.
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