Corrida: en France, elle se porte «beaucoup mieux qu'en Espagne»

27 contributions
Publié le 28 juillet 2010.

SOCIETE - Le public français répond toujours plus présent dans les arènes...

L’interdiction de la corrida votée ce mercredi par le parlement régional de Catalogne constitue un coup dur pour la tauromachie espagnole. D'autant qu'elle subit déjà une relative désaffection des spectateurs depuis deux ans. L’avenir de la corrida se trouve-t-il en France? C’est possible répondent les acteurs de la tauromachie française, mais la ferveur espagnole n’est pas éteinte pour autant.

Deux millions de spectateurs chaque année en France

«La corrida se porte beaucoup mieux en France qu’en Espagne», confirme à 20minutes.fr un spécialiste du monde taurin et ancien raseteur (participant aux courses camarguaises). «Deux millions de personnes assistent chaque année à des manifestations taurines en France», précise André Viard, président de l'Observatoire national des cultures taurines. Et à Nîmes, on est passé de cinq corridas par an en 1980 à vingt aujourd’hui, ajoute Simon Casas, l’organisateur de la feria de la ville gardoise, joint par 20minutes.fr.

Les raisons de la perte de vitesse de la corrida en Espagne sont essentiellement économiques: «Il y a moins de corridas car les petites arènes n’ont plus les moyens de financer leurs spectacles». Résultat: seules les arènes des grandes villes s’en sortent car elles arrivent encore à faire le plein de public.

Le spectateur français plus passionné que l’Espagnol

Un public qui n’est pas non plus le même en France et en Espagne. «Le Français est plus passionné, il va dans toutes les corridas autour de chez lui, alors que l’Espagnol ne va qu’à celle de sa ville», explique le spécialiste. Selon lui, le public ibérique aurait plutôt tendance aujourd’hui à se diriger vers les jeux de rues comme les lâchers de taureaux ou les «recortadores» (course de taureaux).

Cependant, si les Français sont de plus en plus nombreux dans les gradins, la pratique est moindre. «En Espagne, il y a depuis une quinzaine d’années des écoles taurines professionnalisantes dans chaque grande arène alors qu’en France, cela reste associatif», ajoute le spécialiste.

«C'est une décision purement politique, qui masque le sentiment général»

Pour autant, les acteurs du monde taurin français jugent la décision catalane bien plus politique que proprement taurine. «C'est une décision purement politique, qui masque le sentiment général. En Espagne, la corrida c'est la fiesta, la fête nationale. Le parlement catalan a voté contre le gouvernement central, pour asseoir son autorité. Je ne pense pas que cela marque un sentiment anti-corrida à Barcelone», indique ainsi Luc Jalabert, directeur des arènes d’Arles.

Mais, selon le quotidien espagnol El Pais, en 2009, il n'y a eu qu'environ 900 grandes manifestations taurines organisées en Espagne, 350 de moins qu'en 2008. Et en Catalogne, seulement 16 corridas se sont tenues en 2007, contre 37 en 2001, indique une étude de la Plateforme de promotion et de défense de la corrida.

C.C. avec AFP
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr