Après la mort de 21 personnes à la Love Parade de Duisbourg, le 24 juillet dernier, les organisateurs et les autorités se rejettent la faute. En France, si le risque zéro n’existe pas plus qu’en Allemagne, l’anticipation de ce type d’événement est telle que les pouvoirs publics estiment que ce genre de drame pourrait difficilement avoir lieu.
«On s’y prend très tôt et ça se passe très bien, il n’y a pas de hasard», assure à 20minutes.fr Alexis Marsan, commissaire principal à la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris. En France, toute manifestation, que ce soit un festival ou un défilé, fait l’objet d’une déclaration à la préfecture qui détient le dernier mot sur l’organisation ou non de l’événement.
Il s’agit d’un véritable contrat entre les autorités et les organisateurs. Tout y est indiqué: lieu d’organisation, de dispersion, itinéraires, moyens, animations. «C’est très rôdé», confirme Alexis Marsan, qui ajoute que les organisateurs sont au fait des peines auxquelles ils s’exposent en cas de non-respect du «contrat». Les débordements éventuels ne sont toutefois pas à leur charge.
Lorsqu’un événement doit se dérouler sur un lieu unique, comme c’était le cas pour la Love Parade, il faut que sa capacité soit trois à quatre fois supérieure à l’affluence attendue. L’organisateur ne peut pas toujours prévoir le nombre de personnes qui va se rendre sur le site, alors «il faut anticiper pour ne pas avoir à gérer l’inopiné le moment venu», indique Alexis Marsan.
Si l’affluence se révèle beaucoup plus importante, il faut bloquer le surplus de personnes bien en amont, selon les itinéraires de dégagement. «On crée toujours plus d’échappatoires que de points d’entrée», précise le commissaire, qui ajoute que sur le site en lui-même, une commission de sécurité passe systématiquement avant l’événement pour contrôler toutes les structures.
Contacté par 20minutes.fr, Jean-Marc Bouvet, directeur de la communication de la Fête de l’Huma (600.000 visiteurs en trois jours l’an dernier), estime que la gestion des flux est une préoccupation fondamentale. «Il faut un dispositif complet et préventif, il n’y a pas de recette miracle», indique-t-il.
Devant une affluence grimpante chaque année, les organisateurs ont décidé pour la prochaine édition notamment d’élargir les accès et de créer de nouvelles voies d’évacuation. «Si vous faites rentrer trop de monde, c’est que vous ne pensez qu’à remplir les caisses», déplore Jean-Marc Bouvet qui loue «le dialogue intelligent» effectué avec les autorités.
Toutefois, malgré une grande anticipation, Alexis Marsan révèle avoir déjà été confronté à l’imprévu. L’année dernière, au concert de Johnny Hallyday sur le Champ-de-Mars, à Paris, 600.000 personnes étaient prévues, 1.000.000 sont venues. «On a tronçonné la foule pour renvoyer une partie du public sur des voies latérales, quitte à bloquer la circulation», raconte le commissaire. Dans ce genre de situation, il confie que cela se passe «au feeling», mais que l’important est «de ne jamais se retrouver sur le fil du rasoir».