La France a tenu à saluer le travail des autorités argentines dans l'affaire Yves Domergue. Le quai d'Orsay a adressé ce mercredi ses remerciements aux responsables locaux grâce auxquels les restes du Français, disparu pendant la dictature argentine avec son amie mexicaine, a pu être identifié.
Yves Domergue et Cristina Cialceta ont été enterrés pendant 34 ans, anonymement, dans le petit village argentin de Melincué. C'est en septembre 1976 que leurs corps avaient été trouvés sur le bas-côté d'une route, portant des traces de brutalité. Ils avaient été enterrés dans la foulée.
C'est ensuite la persévérance des habitants de ce même petite village qui a permis à leur famille de retrouver leur trace. L'école locale a demandé à une classe de terminale de travailler sur l'affaire, et l'avocat Rogelio d'Angelo a relancé l'enquête avec l'aide du tribunal.
Ce n'est qu'en novembre 2008 que le secrétariat aux droits de l'Homme de la province de Santa Fe a alerté le frère d'Yves Domergue, Eric, qui a demandé l'exhumation des corps. Il lui aura fallu attendre encore un an et demi pour avoir la confirmation qu'il s'agissait bien de son frère et de son amie.
Yves Domergue était l'aîné de neuf enfants. Ses parents se sont installés en Argentine de 1959 à 1974. Engagé au sein du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), bras politique de l'un des mouvements de guérillas des années 70, Yves a décidé de rester lorsque les siens sont partis.
«Après trente quatre ans de malheur, nous sommes soulagés de les retrouver et de savoir qu'ils auront vécu très peu de temps entre les mains de leurs assassins», a déclaré Eric Domergue en annonçant mardi la nouvelle.
Les disparus de la dictature argentine
Au total, seuls quelques 400 disparus ont été identifiés sur les 30.000 recensés.
Yves Domergue est le deuxième Français disparu sous la dictature dont les restes ont été identifiés, après soeur Léonie Duquet.
Seize autres Français ont été enlevés entre 1975 et 1978, dont trois avant le coup d'Etat de mars 1976.