A part l’UMP, il n’y a pas grand monde pour défendre la tenue de la réunion de mercredi après-midi consacrée aux «comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms», censée «faire le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière». 20minutes.fr fait le point sur les principales critiques adressées à l’initiative du chef de l’Etat.
Ça repose sur des clichés…
«On a le sentiment aujourd'hui que le président de la République plutôt que de se placer au-dessus de ces clichés selon lesquels les gens du voyage seraient forcément associés à la rapine, au vol, exploite ces clichés dans une opération qui vise à accabler ces populations», a par exemple souligné Benoît Hamon, le porte-parole du PS. «Il y a des délinquants parmi les Roms, parmi les gens du voyage. Il y a des délinquants à Neuilly-sur-Seine», a-t-il ajouté.
Ça aboutit à la stigmatisation d’une communauté
Avec tous les clichés accolés aux gens du voyage et aux Roms, on tombe directement dans l’amalgame et la stigmatisation. Le président «livre en pâture au bon peuple de France des gens qui ont toujours été rejetés aux marges de la société» et «joue sur les amalgames, fait croire que tous les Roms, tous les gens du voyage sont tous des étrangers», dénonce le député vert Noël Mamère. «La stigmatisation d'une population en tant que telle est scandaleuse», a enchérit Benoît Hamon. «Si on remplace les Roms et les gens du voyage par autre chose, comme les Bretons ou les Auvergnats chers à Brice Hortefeux ou d'autres, vous verrez que ça choquera assez naturellement».
>>Lire ici notre décryptage sur les gens du voyages et les Roms
Une approche ethnique critiquée
Plus que de stigmatiser une communauté, cette réunion et les mesures évoquées par Nicolas Sarkozy est gravissime pour Henri Braun, l’avocat du collectif des associations tziganes. «Ce qui se passe aujourd'hui est extrêmement grave: pour la première fois depuis la libération, nous assistons à une politique de nature raciale». Pour lui, c’est une «déclaration de guerre». «On se prépare à ouvrir une nouvelle page noire de l'Histoire de France (…) Il y a eu Vichy, l'histoire coloniale et le sort réservé aux tziganes, qui est un problème qui perdure», a-t-il ajouté.
Les gens du voyage sont Français
Autre argument avancé pour critiquer cette réunion: les gens du voyage sont dans la plupart des cas «des Français à part entière, depuis plusieurs générations, qui font parti du tissu économique», assure Alain Daumas, président de l'Union française des associations tziganes. Le chef de l’Etat proposait, lui, de raccompagner à la frontière tous les gens du voyage n’ayant pas la nationalité française. «Les gens du voyage sont citoyens français et toujours soumis à une législation d’exception», regrettent de nombreuses associations de gens du voyages, selon lesquelles 95% des Roms et gens du voyage ont la nationalité française.
Il faudrait déjà appliquer la loi
Au lieu de se pencher sur les faits délictueux de certains membres de la communauté, le gouvernement devrait se pencher sur la non-application de la loi Besson (1990), qui oblige toute commune de plus de 5.000 habitants à réaliser des aires d'accueil pour les voyageurs. Or, moins de la moitié des villes concernées ont cette aire. «La logique d’expulsion ne saurait être mise en avant sans faire écho aux carences des dispositifs d’accueil imposés par la loi». Le PS estime qu'il «est temps d'engager une réflexion de fond sur l'intégration des catégories les plus éloignées de la citoyenneté, de la lutte contre les exclusions et de toutes les formes de discriminations et de préjugés».
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