«Seulement certaines zones du Niger, du Mali et de la Mauritanie ne sont pas recommandables pour voyager»

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Publié le 27 juillet 2010.

SECURITE - Si le Quai d'Orsay déconseille totalement de se rendre dans cette zone du Sahel, les voyagistes ne sont pas aussi radicaux...

«En raison des menaces actuelles dans la zone sahélienne, il est vivement recommandé de limiter les déplacements au strict nécessaire et de faire preuve de la plus extrême vigilance.» Le site du ministère des Affaires Etrangères est clair: si vous souhaitez vous rendre dans la zone du Sahel, située entre le Niger, le Mali et la Mauritanie, où Michel Germaneau a été enlevé, détenu et exécuté, c’est à vos risques et périls.

Les Français, «des cibles identifiées par Aqmi»

Lundi, après avoir confirmé l’exécution de l’otage détenu par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), Nicolas Sarkozy avait «instamment» demandé aux Français de ne plus se rendre dans cette zone de non-droit, une «zone grise» selon les services de renseignements français. Car si cette zone désertique est assez fréquentée, c’est par les islamistes radicaux, les bandits (coupeurs de route) et les trafiquants en tout genre (tabac, drogue, armes). Or, «les intérêts et les ressortissants français constituent des cibles identifiées par Aqmi», rappelle le Quai d’Orsay.

Alors, les quelque 10.000 Français qui voyagent par exemple chaque année en Mauritanie vont-ils devoir rayer ce pays de leur carte pour des raisons de sécurité? Pas sûr. «C’est plus compliqué que de dire “voilà les pays où il ne faut pas aller”», explique Yves Godeau, président de l’association ATT (Association des tour opérateurs thématiques) et responsable du Collectif de sécurité, chargé de définir dans quelles zones il est possible de voyager.

Seulement certaines zones sont dangereuses

«Ce ne sont pas ces pays dans leur ensemble qui ne sont pas recommandables pour voyager, mais seulement certaines zones de ces pays.» Voyages et treks sont ainsi encore possibles dans les zones «sécurisées» du Sahel, même si «les terrains de jeu se réduisent comme un mouchoir de poche», déplore Yves Godeau. Il explique que la décision de ne plus du tout voyager au Niger a été prise par ATT, mais qu’il est encore possible d’aller en Mauritanie, «mais pas plus au nord que l’Adrar», ou en Algérie, «jusqu’à Tamanrasset et Djanet».

Yves Godeau précise cependant que, les voyages dans ces zones se font plutôt en octobre et novembre, et que d’ici là le Collectif de sécurité aura établi de nouvelles zones sécurisées, au vu des récents événements.

Appauvrissement et radicalisation

Mais le sort de Michel Germaneau va sans nul doute faire logiquement baisser le tourisme dans la région. Yves Godeau l’a déjà remarqué, en 2008, après l’assassinat de quatre touristes français à Aleg, en Mauritanie. «Avant, nous avions environ 10.000 clients qui souhaitaient se rendre en Mauritanie. L’an dernier, il y en avait moins de 1.000», explique-t-il.

Bérénice Dubuc

Les autres destinations risquées

D’autres pays sont également déconseillés aux touristes et ressortissants français dans la rubrique «conseils aux voyageurs» du ministère des Affaires étrangères, notamment du fait de l’actualité: Ouzbékistan et Kirghizstan après les affrontements interethniques au Kirghizstan, Guinée et Burundi cet été du fait de possibles tensions durant la période électorale, Népal à cause des récentes inondations,…

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