Un enfant élevé dans la douceur est un adulte à même d'affronter la dureté de la vie. La conclusion peut paraître paradoxale, mais elle est le résultat d'une analyse publiée mardi dans le Journal d'épidémiologie et de santé communautaire, une revue américaine.
Pour cette étude menée auprès de 482 personnes dans l'Etat américain de Rhode Island, les chercheurs ont comparé des données sur la relation de bébés de 8 mois avec leur mère, et leur fonctionnement émotionnel, mesuré par des tests, à l'âge de 34 ans, dans les années 90.
La qualité de l'interaction des bébés avec leur mère à l'âge de 8 mois a été évaluée par un psychologue, qui a noté les réactions d'affection et d'attention de la mère quand le bébé était soumis à des tests de développement, et sa réaction à sa performance.
Les personnes ont ensuite été testées à l'âge de 34 ans, sur la base d'une liste de symptômes révélateurs d'anxiété et d'hostilité et plus globalement de mal-être. Quel que soit le milieu social, il a été constaté que ceux à qui les mères avaient manifesté beaucoup d'affection quand ils avaient 8 mois avaient les niveaux d'anxiété, d'hostilité et de mal-être les plus bas.
Selon eux, cela confirme que les expériences même les plus précoces peuvent influer sur la vie adulte. Les mémoires biologiques construites tôt peuvent «produire des vulnérabilités latentes», indique l'étude.
Les chercheurs estiment de ce fait qu'il conviendrait, pour être efficace, de viser des âges beaucoup plus précoces dans les interventions menées pour le bien-être des enfants, afin de «prévenir l'impression d'expériences négatives».