Il veut sortir. La cour d'appel de Paris a examiné ce mardi la demande de remise en liberté d'Yvan Colonna, dont la condamnation à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac a été annulée le 30 juin par la Cour de cassation. La chambre de l'instruction rendra sa décision vendredi à 9h. Le parquet général a requis son maintien en détention, arguant des risques de pression sur des témoins et de fuite du suspect.
«Je ne suis pour rien dans cette affaire, ça fait sept ans que je suis en prison, onze ans que je suis dans la merde», a déclaré le berger corse au cours de l'audience. Condamné en mars 2009 en appel à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans, Colonna, âgé de 50 ans, a vu sa condamnation annulée le 30 juin par la Cour de cassation. Le troisième procès d'Yvan Colonna pour l'assassinat le 6 février 1998 du préfet Claude Erignac, tué de trois balles dans la nuque, se tiendra à partir du 2 mai 2011 et devrait durer environ deux mois.
C'est sur un point anecdotique, relatif à l'audition d'un témoin, que la chambre criminelle de la Cour de cassation a annulé sa condamnation en appel du 27 mars 2009. En substance, la cour suprême reproche à la cour d'assises, alors présidée par Didier Wacogne, de n'avoir pas répondu aux conclusions de la défense concernant l'audition d'un expert.
La demande de remise en liberté de Colonna, détenu depuis plus de sept ans, repose sur «la présomption d'innocence» et les «délais raisonnables en matière de détention provisoire», selon ses avocats. Cette demande de libération risque toutefois d'être compromise par sa condamnation le 8 juillet à Paris à une peine d'un an de prison ferme pour avoir détenu des armes lors de son arrestation le 4 juillet 2003.