Liliane Bettencourt a été questionnée ce lundi pendant plus de deux heures par les enquêteurs de la brigade financière. «Sans pause», a précisé Me Georges Kiejman, l’avocat de la milliardaire. «Mme Bettencourt a vécu son audition comme quelque chose de très désagréable qui s'est passé le mieux possible», a assuré son entourage. «Elle s'est passée très courtoisement, s'agissant de souvenirs qui sont parfois très anciens et que ma cliente n'a pas forcément gardé à l'esprit avec détail», a précisé l'avocat devant la presse. Il a précisé que le secrétariat de l’héritière de L’Oréal a été perquisitionné par les enquêteurs, avec son accord. «Cela ne lui pose aucun problème», a ajouté Me Kiejman.
Liliane Bettencourt, 87 ans, a été interrogé sur le statut de l’île d’Arros, aux Seychelles, qu’elle détient via une fondation basée au Liechtenstein. «Nous avons indiqué aux policiers que nous allions leur remettre une note précisant mieux le statut juridique de l'île», a indiqué Me Kiejman. Elle a également été entendue sur «ses relations avec Eric Woerth», le ministre du Travail, et sur les déclarations de son ex-comptable, Claire Thibout, qui a fait état de retraits en espèces destinés à des décideurs politiques, selon son entourage.
«Sur le financement des partis politiques, elle a confirmé que ça n'a jamais été son centre d'intérêt, c'était plutôt celui de son mari», André Bettencourt, a souligné Me Kiejman.
Le statut de ses deux comptes en Suisse, crédités de plusieurs dizaines de millions d’euros, «en cours de régularisation» ont également été au cœur des discussions, d’après son entourage. Après six semaines de révélations, provoquées par la diffusion d’enregistrements clandestins de conversations privées, l’audition de Liliane Bettencourt était très attendue. Tout comme celle d’Eric Woerth, qui pourrait intervenir ce mardi.