Affaire Woerth-Bettencourt: L'ex-comptable maintient ses accusations

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Publié le 21 juillet 2010.

JUSTICE – Elle les a réitérées devant la juge Isabelle Prévost-Desprez…

Claire Thibout n’en finit plus de répéter ses accusations sur les enveloppes destinées à des hommes politiques qui circulaient chez les Bettencourt. L’ex-comptable, qui avait tout révélé à Mediapart fin juin, avait ensuite confirmé la majorité de ses dires devant les enquêteurs de la brigade financière. Et le vendredi 16 juillet, elle a pu donner une nouvelle fois sa version devant la juge Isabelle Prévost-Desprez, présidente de la 15e chambre correctionnelle à Nanterre, ennemi intime du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, qui a la main sur les trois enquêtes préliminaires ouvertes dans ce dossier…

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Devant la juge, formellement en charge de l’enquête sur l’abus de faiblesse présumé sur Liliane Bettencourt, Claire Thibout a redit : «Contrairement à André et Liliane Bettencourt qui ne me disaient rien sur l'affectation des espèces, Patrice de Maistre m'avait demandé 150.000 euros en espèces pour les remettre à Eric Woerth. J’ai évidemment compris que c'était pour la campagne des présidentielles», rapportent Mediapart et Le Monde, qui ont tous deux eu accès aux procès-verbal de l’audition.

Elle est également revenue sur ses premières déclarations, lorsqu’elle avait situé cet événement en «mars-avril 2007». «Je me suis trompée de date en fait, j'ai retrouvé tout ça dans mon agenda 2007, à la date du 18 janvier 2007 j'ai inscrit "rendez vous madame Bettencourt pour donner enveloppe qui donnera à Patrice"», explique Claire Thibout, qui a apporté une copie de son agenda pour appuyer ses dires.

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De manière générale, sur le financement des partis politiques, la femme de 52 ans évoque «les  enveloppes avec des espèces». «Le lendemain de la visite d'un politique, il (André Bettencourt, ndlr) me disait qu'il n'avait plus d'espèces et qu'il en avait besoin, ou tout de suite ou un jour précis qu'il me spécifiait. Tout cela se passait dans la discrétion et il ne m'a jamais rien dit à ce sujet», a confié Mme Thibout à la juge. Quant à l’abus de faiblesse, accusation portée par la fille de Liliane Bettencourt contre François-Marie Banier, l’ex-comptable confirme la thèse de Françoise Bettencourt-Meyers. «Un jour, il m'a appelée en me disant d'aller dire à Liliane Bettencourt qu'il l'aimait et qu'il voulait deux ou trois millions pour finir sa piscine (…). A partir de 2006, François-Marie Banier a voulu se faire donner l'île [d'Arros] par Liliane Bettencourt. Il exerçait aussi à l'époque une grosse pression à propos des bijoux." Elle refuse d'aller chercher ces bijoux», détaille-t-elle.

Un mot appris par coeur

L’ex-comptable apporte une autre précision qui corrobore les premières accusations sur l’immixtion de l’Elysée dans le volet familial de l’affaire Bettencourt. «Quand Françoise Bettencourt a porté plainte, Patrice de Maistre lui a rédigé un mot qu'elle a appris par cœur pour le rendez-vous avec Nicolas Sarkozy, président de la République. Ce mot disait qu'elle le félicitait pour son élection, qu'elle avait des ennuis avec sa fille en précisant 'je vous ai toujours aidé et je vous aiderai toujours'. Sur ce mot, elle ajoutait aussi qu'elle lui demandait de régler le problème avec sa fille.»

Ce témoignage est contesté par l’avocat de Liliane Bettencourt depuis que mardi, il a été révélé que l’ex-comptable avait touché 400.000 euros de la part de Françoise Meyers-Bettencourt en guise de prime de licenciement. Elle «a pris des risques, et le risque essentiel était d'être licenciée. J'ai respecté l'engagement de mon père en lui assurant qu'en cas de licenciement à cause de son témoignage, je verserais le solde de l'indemnité qui lui était due et évaluée à 800.000 euros. L'engagement que j'ai pris date du vivant de mon père le 11 juillet 2007 [un document en fait foi] et avant la plainte déposée en décembre 2007», a expliqué la fille de Liliane Bettencourt à la juge.

M. Pi.
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