Pour une fois, les universités concernées ne devraient pas être très fières de figurer dans un palmarès. Pour la sixième année consécutive, le syndicat étudiant Unef a établi un classement, dévoilé par France Info, de 28 établissements pratiquant des frais d’inscription illégaux ou en mettant en œuvre des pratiques «à la limite de la loi».
Parmi les universités pointées du doigt, 26, dont celles d’Aix-Marseille 3, de Grenoble 2, de Lyon 3, de Paris 1, Perpignan, Nancy 1 et 2, faisaient déjà partie de la liste noire les années précédentes et dix présentent des frais supplémentaires illégaux supérieurs à 400 euros (jusqu’à 5.990 euros pour Aix-Marseille 3).
Dans les détails, les pratiques sont très variées. L’IAE de Pau par exemple demande 2.500 euros de frais d’inscription en Master 1 aux étudiants étrangers au lieu des 238,5 euros autorisés. Dans celui de Grenoble, ce sont 800 euros qui sont exigés pour «accéder aux salles informatiques et à toute la plateforme de l’intranet étudiant».
«Dans le même temps, les universités font de plus en plus d’efforts pour dissimuler leurs pratiques ou contourner la réglementation», ajoute l’Unef qui cite ces «frais complémentaires facturant des missions de service public» ou «la pratique qui tend à se développer de coupler des diplômes nationaux à des diplômes d’établissement hors de prix».
Le syndicat étudiant en profite ainsi pour interpeller une fois de plus la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse: «Malgré ses engagements et la condamnation de ces pratiques à la rentrée dernière, la ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas pris ses responsabilités et fait cesser les pratiques illégales».
Au contraire, Valérie Pécresse a annoncé début juillet que les droits d'inscription allaient augmenter de trois euros à neuf euros, soit en moyenne de 1,7% pour les étudiants en licence et de 2,6% pour ceux en master et en doctorat.
«Cette nouvelle hausse est bien supérieure à l’inflation (1,6 % d’après l’Insee) et à l’augmentation de l’année dernière (2 % en moyenne)», a réagi l'Unef, selon laquelle «depuis 2001, les frais d’inscription ont augmenté de 31 % en licence et de 73 % en master».
>> A venir, la réaction de directeurs d'universités pour 20minutes.fr