A quoi sert la conférence internationale sur le sida?

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Publié le 19 juillet 2010.

DECRYPTAGE - Un responsable de l'association Aides nous éclaire...

Pendant quatre jours, 20.000 personnes se retrouvent à Vienne pour la Conférence internationale sur le sida…

Qui l’organise et qui y participe?
C’est l’International Aids Society, un réseau rassemblant des dizaines d’associations, des chercheurs impliqués dans la lutte contre le sida. Au total, environ 20.000 participera à ce sommet, parmi lesquels des chercheurs, des associatifs, des membres de laboratoire, des malades et des politiques venus de tous les pays mais aussi des organisation internationales comme l’OMS ou l’ONU. 

A quoi ça sert?
A partager son savoir et à le faire savoir. «C’est un moment fort de la lutte contre le Sida pour que les chercheurs, les militants et les malades se rencontrent», nous explique Sandra Giraudeau, responsable des programmes internationaux pour l’association Aides. Les «avancées en matière de recherches scientifiques» sont présentées, les «recherches comportementales», basées sur des études de terrains également. Et les associations peuvent porter leurs revendications. Le tout est «très médiatisé».
A faire le point. «On clarifie les enjeux et définit les grands caps à suivre, suivant les avancées de la recherche». Concrètement, cela permet de dire «où on en est, quelles sont les perspectives et quelles sont les orientations à prendre», explique Sandra Giraudeau.  
A rappeler des évidences. «Il y a un épuisement des médias et des grands publics sur la question du sida», estime Sandra Giraudeau d’Aides. «Beaucoup pensent que c’est réglé, qu’il y a un vaccin».  Ce qui est faux, même s'il y a de l'espoir.
A faire du lobbying auprès des décideurs. Et notamment des politiques qui tiennent les cordons de la bourse «dont sont tributaires chercheurs et associations», rappelle la responsable d’Aides. C’est l’autre axe important de ce type de sommet. «Ce type d’événement permet de remotiver les décideurs, les avancées sont là».  

Quels sont les enjeux de 18e sommet?
L’argent, le nerf de la guerre.
Surtout que c’est une année clé: «on arrive à la fin d’un cycle de financement, les pays doivent annoncer en octobre lors d’une conférence à New York le montant de leur don». Et la peur de tout le monde, c’est que les fonds baissent en cette période de crise financière. Or, «on est au milieu du gué, ce n’est pas le moment de relâcher la pression», estime Sandra Giraudeau. «On arrive à un moment où on sait qu’il est possible d’arrêter l’épidémie. Ça coûte beaucoup d’argent mais le retour sur investissement vaut le coup», insiste Sandra Gireaudau. 
L’espoir de voir la fin du tunnel. Une étude présentée au sommet montre en effet que «si on met toutes les personnes infectées sous traitement, l’activité du virus serait rendue tellement faible que les risques de transmissions du VIH seraient réduits et d’ici trente ans, la maladie serait éradiquée», assure Sandra Gireaudau.

Quelques chiffres en vrac
33 millions de personnes infectées dans le monde. 2 millions de morts par an.
23 millions de personnes infectées en Afrique. 1,4 millions de morts par an.
150.000 personnes infectées en France par le VIH et 3.600 morts par an.

Maud Pierron
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