Les fans d'ovnis privés de colloque à Perpignan

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Publié le 15 juillet 2010.

POLEMIQUE - Pour un simple problème logistique, ou l'Université a-t-elle eu peur de la réaction de ses profs?...

Ils ne débarqueront pas à Perpignan. Les passionnés d'ovnis se faisaient une joie d'assister samedi au premier colloque d'ufologie organisé dans une université française. Déception: L'université de Perpignan Via Domitia a annulé l'événement, pour des raisons purement logistiques, officiellement.

«Effets potentiellement dévastateurs de ces dérapages»

«C'était dans l'air, nous avons eu la confirmation vendredi», a indiqué à 20minutes.fr Joël Martres, le directeur du Service commun de la documentation de l'Université de Perpignan Via Domitia où devait avoir lieu le colloque. Mais rien à voir selon lui avec les raisons avancées ce jeudi par Le Figaro.

Le quotidien évoque en effet l'«agacement» des profs de l'université, et cite le syndicat Snesup, qui voyait d'un mauvais œil la tenue du colloque venu d'ailleurs. Craignant les «effets potentiellement dévastateurs de ces dérapages», les enseignants du Snesup auraient déploré cette nouvelle fantaisie «après avoir donné dans la kabbale et l'ésotérisme, ouvert ses portes au créationnisme, reçu le directeur de thèse de l'astrologue Elizabeth Teissier».

«Au nom de quoi interdirions-nous la parole à ces gens?»

«Diable!», répond Joël Martres, qui n'a aucun souvenir d'avoir accueilli ce type de conférences. Avant de donner sa version de l'affaire du jour. «Au nom de quoi interdirions-nous la parole à ces gens?», demande-t-il. Selon lui, d'ailleurs, l'université ne faisait qu'héberger l'événement, sans «caution scientifique», et c'est «pour des raisons très pragmatiques» que la conférence a dû être annulée.

«Au départ nous pensions que le colloque allait attirer 40 à 60 personnes, et nous avions tout prévu en conséquence», raconte Joël Martres. Mais rapidement, les organisateurs se seraient trouvés noyés sous les demandes. «Ca n'aurait pas été correct de refouler les gens, nous avons préféré annuler», assure le responsable.

Le colloque reprogrammé

Rien à voir avec la grogne des enseignants? «Non, affirme Joël Martres. Les deux ou trois zigotos qui se sont exprimés se sont auto-proclamés Snesup, mais sont désavoués par les autres professeurs.» Des attaques auxquelles les responsables syndicaux locaux, injoignables, n'ont pas pu répondre.

«D'ailleurs, promet Joël Martres, le colloque sera reprogrammé plus tard.» En s'efforçant cette fois de prévoir suffisamment de place pour tout le monde. «Mais, contrairement à d'autres, je n'ai pas de boule de cristal», prévient déjà Joël Martres.

Julien Ménielle
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