Il va sortir de son silence. Pressé par sa majorité de parler pour tenter d'éteindre l'incendie de l'affaire Bettencourt-Woerth, Nicolas Sarkozy fait le pari que son intervention télévisée de lundi viendra clore près de quatre semaines de polémiques. Il s'exprimera dans une émission spéciale de France 2 pendant une heure, à partir de 20h15.
A la veille de la présentation de la réforme des retraites en Conseil des ministres - avancé à mardi pour cause de 14 juillet -, le Président veut prendre le temps d'expliquer l'importance de cette réforme impopulaire, et aborder les dossiers économiques du moment. Mais surtout, il devrait réaffirmer son soutien à Eric Woerth, qui porte la réforme des retraites. «Il me soutient d'une manière incroyable», s'est d’ailleurs ému le ministre du Travail samedi.
Alors que la majorité fait bloc derrière Eric Woerth et s'en est pris avec virulence aux «manipulations» de la presse, voire aux «méthodes fascistes» de Médiapart, Nicolas Sarkozy lui-même a déjà dit tout le bien qu'il pense de son ministre du Travail. «Eric est l'honnêteté faite homme», avait-il déclaré le 30 juin devant des députés UMP à l'Elysée. Pas question de le limoger car «ça voudra dire qu'il y a donc quelque chose» à lui reprocher.
Si l'intervention télévisée satisfait ceux qui plaidaient pour qu'il s'explique devant les Français, Nicolas Sarkozy ne devrait pas pour autant suivre les appels, à gauche mais aussi à droite, à un large et rapide remaniement ministériel. «Notre priorité politique, ce n'est pas le remaniement», a assuré François Fillon mercredi. Selon l'Elysée, le Président qui a fait part le 30 juin de son souhait d'un remaniement en octobre n'a pas changé de calendrier.