Affaire Woerth-Bettencourt: Revivez les derniers rebondissements de l'affaire

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Publié le 8 juillet 2010.

POLEMIQUE - L'affaire Woerth-Bettencourt continue de faire réagir...


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20h51: Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel a déclaré n'avoir «jamais vu d'attaques aussi violentes», après avoir essuyé un tir groupé de plusieurs membres du gouvernement et de l'UMP contre les révélations de son site d'information dans l'affaire Bettencourt . «Mediapart n'utilise pas des méthodes "fascistes" mais démocratiques. Nous sommes des journalistes professionnels», a-t-il ajouté en réaction aux propos du secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, le premier à avoir parlé de «méthodes fascistes», mardi soir. «La violence, la mauvaise foi et la démesure de ces attaques montrent une panique non pas face à une "rumeur", mais à des faits précis», a-t-il encore affirmé.

20h48: L'ex-comptable de Liliane Bettencourt, à l'origine d'accusations de financement politique illégal, fait l'objet d'un «acharnement» du parquet de Nanterre pour qu'elle revienne sur ses déclarations, a déclaré son avocat, Me Antoine Gillot. «Je ne suis pas surpris que ma cliente ait maintenu ses déclarations au cours de la confrontation», a également indiqué Me Gillot.

20h42: La confrontation entre l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, et le gestionnaire de fortune de la milliardaire s'est achevée en fin d'après-midi au bout de trois heures d'audience, chacun maintenant ses affirmations sur la remise de 150.000 euros à Eric Woerth en 2007, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Claire Thibout a maintenu lors de cette confrontation ses propos tenus aux enquêteurs auxquels elle avait affirmé que Patrice de Maistre lui avait demandé d'aller chercher 150.000 euros à la banque avant l'élection présidentielle de 2007. Ces propos sont contestés par le gestionnaire de fortune, a ajouté cette source judiciaire. Patrice de Maistre a affirmé «ne rien savoir de l'existence supposée de cette remise de 150.000 euros», selon des extraits de son audition publiés par le Monde.

20h34: Le député UMP des Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier, s'en est pris vivement au journaliste Edwy Plenel qu'il qualifie de «professionnel de la manipulation», après les démentis partiels de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt dans l'affaire Woerth. «Les déclarations de Claire Thibout constituent un spectaculaire coup de théâtre qui trahit au grand jour les affabulations calomnieuses et scandaleuses véhiculées par Mediapart», a affirmé Renaud Muselier. «Membre de la Ligue Communiste Révolutionnaire, journaliste dans l'hebdomadaire de la LCR "Rouge", sous le pseudonyme de Joseph Krasny, Edwy Plenel confond aujourd'hui information et croisade anti-Sarkozy. Edwy Plenel est malheureusement un spécialiste de ce genre de méthode», dit l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères.

20h16: L'Inspection générale des finances (IGF), dont le rapport sur le rôle joué par Eric Woerth dans le volet fiscal de l'affaire Bettencourt était attendu vendredi, le rendra finalement lundi «au plus tard», a annoncé le chef de l'IGF dans un communiqué.

16h39: Bataille de mots-clés entre Mediapart et l'UMP: selon lepoint.fr, les deux entités ont acheté «Bettencourt», «UMP» et «Woerth» sur Google pour apparaître le plus haut possible sur le moteur de recherche. «Nous voulons seulement être visibles», explique le parti de la majorité présidentielle au Point. Même si plusieurs membres du gouvernement ont dénoncé ces derniers jours les ravages d'Internet dans l'affaire Woerth/Bettencourt, la défense du ministre du Travail passe aussi par la Toile...

16h21: Pour Fabrice Lhomme, de Mediapart, Claire Thibout est «paniquée» à cause de la pression médiatique, d'où le fait qu'elle se rétracte. Interviewé par Rue89, le journaliste maintient «l'intégralité de l'article». Il raconte qu'il s'est entretenu deux fois avec elle, à chaque fois en présence d'un témoin, en face-à-face puis par téléphone (après qu'elle ait été interrogée une première fois par la police). Pour Fabrice Lhomme, si l'ex-comptable s'est rétractée, «c'est parce qu'elle effarée par l'ampleur de la polémique déclenchée par ses propos». «Ce qui est surprenant, c'est qu'elle maintient l'intégralité de ses propos, sauf ceux qui mettent en cause Sarkozy», ajoute le journaliste de Mediapart.

15h55: Concernant la fameuse somme de 150.000 euros retirée peu avant les élections présidentielles de 2007, Claire Thibout confirme ce qu'elle avait dit à Mediapart: «Patrice de Maistre m'avait demandé avant les élections présidentielles de 2007 d'aller lui chercher 150 000 euros à la banque (…). Je lui ai demandé pourquoi une telle somme, il m'a répondu qu'il devait organiser un dîner avec Eric Woerth pour la lui remettre. Il voulait que cela se passe par l'intermédiaire de Liliane Bettencourt (…) Je lui ai dit que ce n'était pas possible surtout pour l'usage qu'il voulait en faire. Il s'est énervé». Ne pouvant remettre une telle somme sans attirer l'attention de Tracfin, l'organisme anti-blanchiment du ministère des Finances, Patrice de Maistre aurait récupéré 50.000 euros et, pour le reste, aurait dit: «Des fois ça sert d'avoir des comptes en Suisse».

15h49: D'après le récit de Claire Thibout, cité par Le Monde, «Il y avait des enveloppes d'espèces qui étaient remises par Monsieur Bettencourt ou de temps en temps par Madame Bettencourt à des politiques». Parmi ces hommes politiques: Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, Edouard Balladur, Bernard Kouchner, le couple Chirac... Mais l'ex-comptable n'a jamais assisté à aucune remise d'enveloppes même si elle raconte comme elle aidait André Bettencourt à préparer ces rencontres.

15h33: D'après Le Monde, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, aurait fait mercredi soir, devant les enquêteurs de la brigade financière, «un récit édifiant des pratiques d'une partie de la classe politique française». Si elle s'est rétractée en ce qui concerne certains propos rapportés par Mediapart, «elle maintient qu'Eric Woerth a été cité et confirme que l'hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine (de Liliane Bettencourt) était un lieu prisé par les hommes politiques», indique le quotidien.

15h29: Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a jugé que, dans l'affaire Bettencourt, «le sommet du ridicule et de l'indignité est atteint», avec les accusations du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre contre les médias. «Après l'échec de l'opération de diversion Blanc/Joyandet, jusqu'où le président de la République est-il prêt à aller pour sauver son ministre (Eric) Woerth?», interroge le leader communiste dans un communiqué. Selon lui, «depuis quelques jours, le gouvernement a choisi une nouvelle cible : la presse! Ses attaques sont d'une violence invraisemblable, alimentées d'amalgames honteux».

13h59: L'avocat de Liliane Bettencourt , Me Georges Kiejman, a assuré que «rien n'établit» que l'héritière de L'Oréal «fasse du financement politique» illégal et a remis en cause la «crédibilité» de l'ex-comptable Claire Thibout à l'origine des accusations. L'avocat, qui affirme être en possession d'une photocopie des «carnets de cuisine» dans lesquels étaient consignés les retraits en espèces effectués pour le compte de la famille Bettencourt de 2006 à 2008, a assuré que leur examen montrait qu'il n'y avait pas de financement politique. «Il y a des retraits d'environ 50.000 euros à peu près toutes les deux semaines, destinés à des médecins, des amis, aux cuisiniers, au conseiller mode de Liliane Bettencourt ...» a énuméré l'avocat. Selon lui, l'ex-comptable, «blessée d'avoir été licenciée» par la milliardaire, est en train de «péter un plomb au nom d'un combat mystico-social». «On peut tout de même s'interroger sur la crédibilité d'une ancienne employée qui a volé des documents (livres de comptes, ndlr) pour les livrer à la fille de Liliane Bettencourt qui elle même les a remis à la police», s'est emporté Me Kiejman.

13h47: Le Figaro publie ce jeudi sur son site des extraits de l'interrogatoire subi par Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, devant les policiers de la brigade financière à Nîmes. «Je n'ai jamais dit que des enveloppes étaient remises régulièrement à Nicolas Sarkozy», a-t-elle déclaré. «L'article de Mediapart me fait dire que j'aurais déclaré quelque chose concernant la campagne électorale d'Edouard Balladur. C'est totalement faux, c'est de la romance de Mediapart», a ajouté Claire Thibout, soulignant que l'article publié par Médiapart «ne reproduit pas fidèlement ce que j'ai dit».

13h36: La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a qualifié les révélations de Médiapart sur l'affaire Woerth-Bettencourt d'«opération» visant «à renflouer les caisses» du site d'information. Ils sont «non pas dans l'information, mais dans les coups», a-t-elle affirmé sur France Info. «Moi, je suis pour la liberté de la presse lorsqu'elle utilise le conditionnel quand une personne est mise en difficulté ou lorsqu'il peut y avoir des accusations, parce que dans ce pays il y a ce qu'on appelle la présomption d'innocence», a-t-elle ajouté en accusant Médiapart de porter des «attaques ad hominem et sans preuves», d'être dans la «stratégie de l'abject». La secrétaire d'Etat a par ailleurs jugé «absurde» les allégations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt sur la remise par la milliardaire d'enveloppes à Eric Woerth pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy. 

13h20: Françoise Bettencourt-Meyers a accusé l'artiste François-Marie Banier de l'avoir coupée de sa mère qu'elle dit vouloir protéger, dans un entretien au magazine Elle paru ce jeudi. La fille de Liliane Bettencourt dément les accusations selon lesquelles elle serait à l'origine des enregistrements clandestins de conversations entre sa mère et son entourage même si c'est elle qui les avait transmis à la police.

«Une machination a été mise en place pour tenter de nous déstabiliser et faire place nette», dit-elle interrogée sur l'avenir de L'Oréal, dont elle détient les actions en nue-propriété héritées de sa mère. «Il suffit d'écouter ces enregistrements pour se rendre compte que ces gens ne pensent qu'à l'argent, c'est terrifiant», dit-elle accusant «François-Marie Banier et sa bande».

«Je n'ai qu'un but : retrouver ma mère, hors de ce contexte», poursuit-elle, affirmant ne la voir que lors de réunions à L'Oréal. «Je n'ai voulu que la protéger», assure-t-elle. «Tout ce qu'elle me dit ou m'écrit depuis un certain temps déjà ne lui ressemble plus», regrette encore Françoise Bettencourt-Meyers, précisant qu'elle et sa mère étaient «très proches, très complices».

13h10: Mediapart ne se dégongle pas devant les critiques de l'UMP et les accusations de l'ex-comptables sur ses propos qui auraient été romancées: le site promet de nouveaux éléments  dans l'après-midi.

13h00: Pour l’Elysée, les déclarations de l’ex-comptable de Liliane Bettencourt devant la police disculpent «totalement» Nicolas Sarkozy et Eric Woerth des accusations de financement illégal de parti politique. «Là, il y a un tournant judiciaire», a-t-on déclaré dans l'entourage du président français à Reuters. Elle a été totalement manipulée par Mediapart. Nous avons l'impression qu'elle apporte des arguments pour dire que l'article ne reproduit pas fidèlement les propos qu'elle a tenus à un journaliste de Mediapart par téléphone.» Et de conclure: «C'est une mauvaise nouvelle pour la profession de journaliste et une bonne nouvelle pour l'Elysée», a-t-on ajouté.

12h10: L'ex-comptable de Liliane Bettencourt est convoquée ce jeudi par la police, selon des sources proches de l'enquête.

11h30: Comme le signale le site d'infos Toulouse 7, l'UMP a acheté des liens sponsorisés Google sur le terme "Liliane Bettencourt". En première position des liens commerciaux (à droite de la page), on trouve ce lien: Soutien à Eric Woerth,  qui renvoit sur le site de l'UMP. L'internaute est invité à laisser un message de soutien au ministre du Travail et en bas de page, à faire un don au parti, déductible d'impôt, est-il précisé.

11h05: Frédéric Lefebvre a publié une tribune intitulée «J'accuse» dans France-Soir, dans laquelle il dénonce une «alliance immonde» de l'opposition «rageuse et sans idées»  avec des «médias aux relents d'extrême droite et de trotskisme» pour faire déferler un «torrent de boue» avec l'affaire Bettencourt. «Dans quelle France vit-on? L'opposition au président de la République n'excuse pas tout!», ajoute le porte-parole de l’UMP et proche de Nicolas Sarkozy. «J'attendais qu'une voix s'élève contre ce torrent de boue. L'attente est trop longue!» et «je le fais, moi (...) car le déferlement populiste qui s'abat sur notre pays me donne la nausée», affirme-t-il.

11h00: Florence Woerth, épouse du ministre du Travail et ex-employée de la société Clymène, chargée de la gestion d'une partie de la fortune de Liliane Bettencourt, a «sollicité» le parquet de Nanterre pour être «entendue dans les meilleurs délais afin de pouvoir contester, point par point, les allégations diffamatoires dont elle a été la victime», a indiqué jeudi son avocat, Me Antoine Beauquier.

10h40: Pour Benoît Hamon, le fait qu'un amendement défendu par Eric Woerth sur le dialogue social dans les très petites entreprises a été rejeté par la majorité UMP cette nuit à l'Assemblée, prouve que le ministre du Travail est affaibli par l'affaire Bettencourt. «Si ce n'est pas la démonstration aujourd'hui que M. Woerth, en raison de cette affaire (Bettencourt), est affaibli, je ne sais pas ce qu'il fallait», a-t-il dit sur France 2 jeudi matin. Même constat pour le député socialiste Alain Vidalies: «Chacun pourra observer que c'est le ministre du Travail, Eric Woerth, qui a été mis en minorité», a-t-il déclaré après le vote.

10h30: «Ce ministre a menti en disant qu’il ne connaissait pas Patrice de Maistre, à qui on apprend que finalement il a remis la Légion d’honneur», a insisté Cécile Duflot, invitée de France info ce jeudi matin.  «Je ne nie pas que la situation d’Eric Woerth soit difficile et qu’il souffre. Mais en même temps, il y a un véritable problème», assure la patronne des Verts. «Soit il y a deux Eric Woerth dans sa tête - un qui est chargé d’aller draguer les milliardaires pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’UMP, et l’autre qui est chargé en tant que ministre du Budget de verser l’argent aux partis politiques  et aussi de lutter contre la fraude fiscale -, soit on se fout de notre gueule!», s’est-elle agacée.

10h20: Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, se dit «inquiet pour la démocratie, pas pour le gouvernement» des répercussions de l'affaire Bettencourt-Woerth, sur i-Télé. Pour lui, les soupçons sur Eric Woerth sont alimentés par des «rumeurs» et des «invraisemblances comme celles des dernières déclarations de cette comptable que personne ne connaît d'ailleurs».

L'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, entendue une nouvelle fois par les enquêteurs de la Brigade financière dans la nuit de mercredi à jeudi, a atténué ses déclarations telles que retranscrites dans un entretien à Mediapart. Elle avait affirmé qu'Eric Woerth avait reçu 150.000 euros en liquide pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Et que Nicolas Sarkozy lui-même venait parfois au domicle de Liliane Bettencourt pour venir chercher des enveloppes de cash.

M.P. et C.C. avec AFP
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