« Je n'ai rien à me reprocher ! », a réaffirmé Eric Woerth, mardi soir sur TF1. Depuis le début des révélations sur l'affaire Bettencourt, le gouvernement ne cesse de présenter le ministre du Travail comme un homme « intègre et honnête ». Néanmoins, le parquet de Nanterre a ouvert hier une enquête préliminaire. Le point sur les accusations qui pèsent sur le ministre du Travail.
Un financement illégal de campagne ? Claire T. se souvient même de la date : le 26 mars 2007. D'après l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Eric Woerth aurait reçu ce soir-là des mains de sa patronne une enveloppe contenant 150 000 € en liquide dans le but de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Hier, la police a confirmé au Monde qu'il y avait bien eu un retrait de 50 000 € effectué à la BNP de l'avenue de la Grande-Armée, à Paris. Le reste des fonds proviendrait, toujours selon l'ex-comptable, d'un compte occulte en Suisse. « Je n'ai jamais reçu le moindre euro illégal », s'est défendu Eric Woerth, qui a porté plainte pour « dénonciation calomnieuse ».
Une fraude fiscale des Bettencourt ? Une île aux Seychelles, deux comptes en Suisse : l'une des plus grosses fortunes de France a « oublié » de déclarer certains de ses actifs au fisc. Et Eric Woerth, ancien ministre du Budget, aurait fermé les yeux sur cette fraude. Saisie, l'Inspection générale des finances rendra son rapport vendredi. Eric Woerth, pris en flagrant délit de contradiction sur le sujet, attend ça avec « impatience ».
Deux conflits d'intérêts ? Trésorier de l'UMP depuis 2002, Eric Woerth a aussi été ministre du Budget. Deux fonctions incompatibles, selon le PS. Moralement, on l'accuse aussi d'avoir fait embaucher son épouse pour conseiller fiscalement Liliane Bettencourt.
L'UMP a continué de se serrer les coudes, hier, derrière Eric Woerth. Devant les parlementaires, François Fillon a défendu « l'honneur » de son ministre et exclu de procéder à un remaniement rapide. De son côté, la majorité a attaqué Mediapart, le site Internet à l'origine des révélations. Xavier Bertrand allant même jusqu'à accuser les journalistes d'user de « méthodes fascistes ». Edwy Plenel, patron du site, a annoncé qu'il portait plainte pour diffamation.