Uckange: la mère qui avait poignardé sa fille condamnée à 18 mois de prison

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Publié le 6 juillet 2010.

JUSTICE - Elle avait d'abord convaincu son fils de 5 ans de s'accuser au motif que sa soeur lui avait refusé sa console de jeux...

Une mère d'Uckange, en Moselle, qui avait poignardé sa fille de 10 ans puis convaincu son garçon de 5 ans de s'accuser au motif que sa soeur lui avait refusé sa console de jeux, a été condamnée mardi à 18 mois d'emprisonnement, dont six fermes.

A l'audience du 15 juin du tribunal correctionnel de Thionville en Moselle, le parquet avait requis 24 mois d'emprisonnement, dont six fermes, contre Samia G., une serveuse de 38 ans, qui avait comparu à huis clos pour «violences aggravées» et «manquement à ses obligations éducatives». Sa fille avait été hospitalisée, avant de se remettre de sa blessure.

10.000 euros de dommages et intérêts pour les enfants

Les juges ont également soumis la condamnée à des obligations de soins et de travail. Ils ont en outre accordé 10.000 euros de dommages et intérêts aux deux enfants, qui s'étaient portés partie civile.

En mars 2009, la mère, employée dans un restaurant au Luxembourg, avait d'abord affirmé aux gendarmes qu'au retour du travail vers 2h30, elle s'était préparée une collation avec le couteau ayant servi au drame et qu'elle l'avait laissé traîner sur une table. Elle avait précisé que c'était avec cet ustensile que son cadet avait poignardé sa soeur parce que celle-ci avait refusé de prêter sa console de jeux.

Une mise en scène de «peur d'aller en prison»

Cette version avait été mise en doute par un chirurgien de l'hôpital pour enfants de Nancy-Brabois, où la fillette avait été hospitalisée. Le praticien avait affirmé qu'un enfant de 5 ans n'avait pas pu porter un coup d'une telle force avec une trajectoire descendante, notamment parce que le garçonnet était plus petit que sa soeur.

La mère avait alors reconnu qu'après avoir «corrigé» son cadet, elle avait reçu de sa fille un coup de pied dans le bas-ventre, où elle venait d'être opérée. Elle avait alors agi «sous l'empire de la pulsion, de la colère et de la douleur», avant de conditionner son cadet pour qu'il s'accuse «parce qu'elle avait peur d'aller en prison».

B.D. avec AFP
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