Procès de Villiers-le-Bel: condamnations à des peines de 3 à 15 ans

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Publié le 4 juillet 2010.

JUSTICE - Les prévenus étaient accusés d'avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de 2007...

La cour d'assises de Pontoise a condamné à des peines de 3 à 15 ans de prison dans la nuit de samedi à dimanche les quatre jeunes accusés d'avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de Villiers-le-Bel (Val d'Oise) en 2007 et un complice qui leur a fourni une arme. La cour d'assises n'a pas suivi les demandes du ministère public qui avait requis des peines plus lourdes allant de 7 à 20 ans.

Elle a condamné trois des quatre accusés de tirs sur des policiers et n'a retenu pour le quatrième, Mara Kanté, 23 ans, que la détention d'arme. Ce dernier contre qui 15 ans avaient été requis, n'écope que de trois ans.

Détention d'armes

Abderhamane Kamara, 29 ans et son demi-frère Adama Kamara, 29 ans, contre qui l'avocat général avait requis 20 ans de prison, ont été condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison. Ils avaient été désignés comme les «leaders» avec «des antécédents de violence» par l'un des deux avocats généraux, Etienne le Saux.

Ibrahima Sow, 26 ans, contre qui le parquet avait aussi requis 15 ans, a été condamné à 9 ans. Les jurés n'ont pas condamné Mara Kanté pour avoir tiré sur des policiers mais pour détention d'arme.

Samuel Lambalamba qui était jugé pour complicité pour avoir fourni une arme aux tireurs, a été condamné à 3 ans. Il comparaissait libre, un mandat de dépôt lui a été notifié. Sa peine est confondue avec une condamnation antérieure de un an pour caillassage durant les émeutes.

«Une décision incompréhensible»

Les avocats de la défense ont dix jours pour faire appel.

Le verdict a été accueilli par les pleurs des familles présentes dans la salle.

Visiblement troublés par ce verdict, les avocats de la défense ont toutefois dénoncé des peines «très lourdes». «C'est dur d'avoir une peine aussi sévère pour un dossier qui reste aussi vide», a déclaré Me Morad Falek, conseil d'Abderhamane Kamara, dit Abou. «C'est une décision de justice qui se respecte mais qui ne se comprend absolument pas», a-t-il ajouté.

«Nous ne faisons pas le procès de la banlieue»

«Quand les peines sont aussi lourdes que ça, on sent une immixtion de la politique dans la justice», a de son côté déclaré Me Patrick Arapian, avocat de trois des accusés, Sow, Maka et Abou Kamara. «Avec des peines extrêmement hautes, ils ont réussi à obtenir le procès de la banlieue», a-t-il ajouté alors que Marie-Thérèse de Givry, avocate générale avait déclaré en préambule à son réquisitoire: «Nous ne faisons pas le procès de la banlieue, ni des jeunes, ni de Villiers-le-Bel».

«Je m'attendais à un acquittement. C'est un échec devant un dossier aussi vide, a ajouté Me Michel Konitz, conseil d'Adama Kamara. On se contente de preuves qui sont des preuves au rabais», a-t-il dénoncé.

Du côté des parties civiles, l'avocat de policiers blessés, Me Bruno Bourrier s'est félicité de cette «décision juste car les policiers ont été blessés dans leur chair».

Le procès se termine après douze jours de débats rythmés par des désistements de témoins sous X, les auditions de nouveaux témoins et les changements dans le calendrier.

Avec AFP
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