« Je transmets une joie de vivre. Je ris beaucoup et je fais rire, mais sans amuser. Je ne suis pas un courtisan. Je peux dire des choses brutes, voire brutales », explique François-Marie Banier au Monde en 2009. C'est la seule interview qu'il ait accordée depuis que l'affaire Bettencourt a éclaté en décembre 2007, après une plainte déposée par la fille Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers pour « abus de faiblesse ». Cette « joie de vivre », Liliane Bettencourt, héritière de la fortune L'Oréal, l'aurait payée un milliard d'euros, selon les estimations du montant total de ses dons à Banier. « Ce que j'ai donné à François-Marie Banier, bien qu'important, n'est pas très élevé en proportion [de ma fortune] », justifiait néanmoins Liliane Bettencourt dans Le JDD en 2008. Ecrivain, photographe, Banier, dont le procès s'ouvre aujourd'hui, aime à s'attacher l'amitié de riches et vieilles « marraines », de Marie-Laure de Noailles à Madeleine Castaing. Une fréquentation qu'il justifie par son goût pour les personnes âgées, qui ont « plus de secrets ». Moins pour ce qu'elles lui rapportent. Or, « il aime passionnément l'argent », selon Christophe D'Antonio, qui vient de publier La Lady et le Dandy. La véritable histoire du couple Banier-Bettencourt (éd. Jacob-Duvernet). Collectionneur, il n'hésite pas à débourser des centaines de milliers d'euros pour une photographie d'Eugène Atget. Et puis, il y a l'entretien de son hôtel particulier, à Paris, équipé d'une piscine et d'un ascenseur intérieur, où il vit avec son ex-compagnon, un acteur connu, et son compagnon actuel, le photographe Martin d'Orgeval. Malgré tout, le secret de sa relation à Liliane Bettencourt, qui, depuis le début, le défend et se décrit volontiers comme sa mécène, demeure. Presque une histoire d'amour pour Christophe D'Antonio.