Quinze ans de prison, et bientôt trois procès. La Cour de cassation a annulé ce mercredi pour des raisons de forme la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna, pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac, ouvrant la voie à un troisième procès d'assises. Les avocats du berger ont déjà annoncé qu'ils allaient déposer une demande de remise en liberté.
«En cassant l'arrêt de la cour d'assises d'appel, vous ferez oeuvre de justice, car la matière pénale ne peut guère supporter le doute, or dans ce dossier, le doute ronge aujourd'hui l'esprit de tous», avait estimé mercredi dernier Patrice Spinosi, l'avocat du berger de Cargèse, affirmant que son client a été «mal jugé». Mais à l'audience du 30 juin, l'avocat général Christian Raysseguier avait conclu au rejet du pourvoi, assurant qu'il n'y a pas eu «de violation des droits de la défense». Il y a quinze mois, Yvan Colonna avait été condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, la peine maximale, pour l'assassinat du préfet Erignac. C'est alors qu'il sétait pourvu en cassation. «Nous allons déposer une demande de remise en liberté dans les heures qui viennent», a déclaré à la presse Patrick Maisonneuve, un autre des avocats d'Yvan Colonna, qui est actuellement détenu à Fresnes, près de Paris. Pas gagné d'avance, la ministre de la Justice ayant pris soin de rappeler que «La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'assises d'appel pour un vice de procédure. Cette décision ne porte en rien sur la question de fond de la culpabilité d'Yvan Colonna».
Contre l'avis de l'avocat général