Manifestation du 24 juin: «C'est toute la structure de la société qui est en jeu»

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Publié le 24 juin 2010.

REPORTAGE - 20minutes.fr s'est rendu au coeur du cortège pour recueillir les témoignages des manifestants...

La place de la République, à Paris, était noire de monde ce jeudi en début d’après-midi. Contrairement à la dernière journée pluvieuse de manifestation du 26 mai dernier, l’intersyndicale a réussi à mobiliser. «On est deux à trois fois plus nombreux», estime Thierry Gayot, de la CFTC. Le soleil estival y est peut-être aussi pour quelque chose. 

Les vieux de la vieille sont contents. «C’est bien, c’est bien», indique un militant de la CGT, de toutes les manifestations, qui observe le cortège avec un large sourire. La réforme des retraites est au cœur des slogans, même si on ne les entend pas beaucoup sous le sifflement des vuvuzelas, le nouvel instrument à la mode, Coupe du monde oblige.

«On va partir à quel âge à la retraite? 70ans?»

«Je n’avais plus manifesté depuis les années 1970, mais là, je viens de me faire licencier, j’ai 57 ans et je suis très inquiète», confie Charlotte, «Il va me manquer huit trimestres et c’est pas dit que je retrouve du travail», ajoute-t-elle, «dégoûtée» par tous les derniers scandales autour des membres du gouvernement.

Dans la foule, la jeunesse n’est pas vraiment au rendez-vous sauf Claire, 22 ans, qui se sent tout de même concernée par le sujet: «Je suis là parce que pour l’instant ils veulent mettre la retraite à 62 ans, mais quand ça sera notre tour de partir, ils la mettront à 67 ou 69 ans.» L’étudiante en troisième année d’histoire a donc décidé d’anticiper: «Nous, en plus, on va galérer longtemps avant de commencer à cotiser alors on va partir à quel âge à la retraite? 70ans? Je veux tout faire pour que cela n’arrive pas».

«Déjà à 60 ans c’était compliqué mais alors 62…»

Stéphanie, 41 ans, est elle aussi «en colère»: «L’allongement de la durée de cotisation et le recul de l’âge légal de départ à la retraite sont un scandale. Déjà à 60 ans c’était compliqué mais alors 62…». Ouvrière dans une usine automobile, elle ne pense pas que la réforme soit nécessaire: «Beaucoup d’entre nous ont commencé à 16 ans et ils n’auront pas 62 ans alors qu’ils auront suffisamment cotisé. C’est injuste, ils vont devoir prendre leur retraite à 70 ans s’ils veulent un taux plein.»

Sans oublier la difficile question de la pénibilité. «On est à la chaîne, on est debout tout le temps, et on porte des charges lourdes. L’évolution de la société, censée améliorer notre confort, voudrait que l’on travaille moins et non pas plus longtemps», affirme encore Stéphanie qui pourra se rassurer de voir de nombreux manifestants venus renforcer le cortège ce jeudi par solidarité.

«On a le droit d’être en pleine forme à 60 ans pour profiter de notre retraite»

Tel Jean-Paul, 61 ans, qui est déjà à la retraite depuis un an: «Je suis aussi là parce que je risque d’être touché. Ma retraite peut être modifiée. S’ils touchent à l’âge légal, ils peuvent toucher à ma pension et ça me fait peur.» Et cet ancien chef de projet d’ajouter: «On a le droit d’être en pleine forme à 60 ans pour profiter de notre retraite».

«La cause est juste, j’apporte mon soutien aux salariés», indique pour sa part Franck Périllat-Bottonet, adjoint au maire PCF de Villejuif (Val-de-Marne), chargé du personnel. Doté de son écharpe tricolore, il fait partie de ces membres de partis politiques venus grossir les rangs de la manifestation: «C’est important qu’il y ait plus de monde, c’est toute la structure de la société qui est en jeu et ce sont les grands mouvements sociaux qui ont fait avancer les choses».

Corentin Chauvel (avec R.B-P)
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