Le cannibale de Rouen va passer trente ans de plus en prison. C'est en effet la peine assortie de vingt ans de sûreté, à laquelle a été condamné ce jeudi Nicolas Cocaign. L'homme était accusé d'avoir tué un de ses co-détenus avant de déguster un de ses poumons, il a été jugé coupable de meurtre, actes de torture et de barbarie. Son avocat avait pourtant demandé à la cour d'assises de la Seine-Maritime de prononcer son «irresponsabilité pénale» et de le déclarer «non-coupable».
«Un homme qui bascule dans l'horreur n'est pas forcément atteint de folie», a estimé l'avocate générale, Elisabeth Pelsez, en affirmant que le discernement de l'accusé au moment des faits était «altéré» et non «aboli» au moment des faits. «Il a tué parce qu'il est fou, complètement fou», a plaidé la défense, estimant que ce dossier signait «la faillite d'un système» en mettant en cause la psychiatrie et la pénitentiaire.
Une majorité d'experts psychiatres ont en effet jugé qu'une sanction pénale était possible malgré les troubles mentaux dont souffre l'accusé. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2007, Nicolas Cocaign a roué de coups puis planté une dizaine de fois ses ciseaux dans le corps de Thierry Baudry, qui partageait sa cellule de 11 m2 à Rouen, en compagnie d'un troisième détenu.
Avant de faire chauffer son réchaud et de faire rissoler un morceau du poumon de la victime avec des oignons et de le déguster avec du riz. «Au début, j'en ai mangé un petit peu cru, a expliqué Nicolas Cocaign. Je voulais savoir quel goût ça avait.» Pour la petite histoire, il pensait qu'il s'agissait du coeur.