Lui n'a pas été pris la main dans le pot de confiture. Mais l'affaire Bettencourt, qui porte notamment sur des soupçons d'évasion fiscale, est bel et bien en train d'entacher la réputation d'Eric Woerth. « Sa position est intenable », a estimé hier l'eurodéputée Eva Joly (Europe Ecologie), demandant au Premier ministre de procéder à un « remaniement ». Hier, le ministre du Travail a dû s'expliquer sur la Légion d'honneur qu'il a remis en janvier 2008 à Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt (évaluée à 16 milliards d'euros) et employeur de son épouse. « Ça devient un peu n'importe quoi ! », s'est exclamé Eric Woerth, interpellé sur la question par un socialiste, hier à l'Assemblée.
Il garde la confiance du Président
Dans un des extraits d'enregistrements pirates diffusés la semaine dernière par Mediapart, on entend Patrice de Maistre évoquer avec Liliane Bettencourt l'éviction de Florence Woerth : « Je me suis trompé quand je l'ai engagée […]. J'avoue que quand je l'ai fait, son mari était ministre des Finances [en fait du Budget], il m'a demandé de le faire. » Des déclarations qui font bondir Florence Woerth : « Il ne s'est jamais occupé de ma carrière, a-t-elle assuré hier, ajoutant qu'elle n'avait « absolument pas », connaissance de l'ensemble du patrimoine de Liliane Bettencourt.
A la tête de l'Etat, on affiche un soutien sans faille à Eric Woerth. Après François Fillon mardi, qui a dénoncé « un long cortège de dénonciations anonymes », c'est Nicolas Sarkozy qui a « renouvelé sa confiance au ministre du Travail en Conseil des ministres.