Nicolas Cocaign, jugé le 21 juin 2010 à Rouen pour avoir tué son co-détenu avant de manger son poumon.
Nicolas Cocaign, jugé le 21 juin 2010 à Rouen pour avoir tué son co-détenu avant de manger son poumon. - ROBERT FRANCOIS/AFP

R.B-P.

Devant la Cour d’assises de la Seine-Maritime ce mercredi, Nicolas Cocaign explique que c’est une «montée d’adrénaline» qui l’aurait poussé à tuer et à goûter un co-détenu en janvier 2007. La description est plutôt macabre mais très précise. Alors que l’un de ses deux co-détenu revient des toilettes, Nicolas Cocaign lui dit alors de se laver les mains. C’est à ce moment que la victime lui aurait «lancé un regarde méchant». L’accusé avoue alors être devenu incontrôlable: «J'ai eu une pulsion sexuelle, une montée d'adrénaline. Je le déshabille. Les coups pleuvent, avec les pieds, les poings». Pour être sûr d’avoir bien tué sa victime, il l’aurait étouffé avec un sac plastique pendant plusieurs minutes.

Puis vint l’heure du dîner. C’est à ce moment-là que l’envie lui prend de «goûter de la chaire humaine», par pure curiosité. Il aurait alors porté plusieurs coups avec une lame de ciseaux sur sa victime. Puis, avec une lame de rasoir, il aurait ouvert son corps afin d’extraire ce qu’il pensait être son cœur et le place dans un Tupperware. Il en mangera une partie crue, et cuisinera le reste avec de petits oignons. Le tout sous les yeux du troisième détenu, abasourdi et paralysé par la peur.

Un drame qui aurait pu être évité

Nicolas Cocaign, déjà incarcéré pour actes violents, avait prévenu qu’il pouvait être dangereux. Un psychiatre mandaté par un juge qui l’avait examiné dans le cadre d’une autre affaire d’agression sexuelle à sa sortie en 2005, avait déjà constaté la dangerosité de l’homme. Cependant, ces informations n’auraient pas été transmises à la prison de Rouen.

Lucien Venon, un psychologue qui l’a examiné, rapporte que Nicolas Cocaign possède «des dimensions pathologiques manifestes». Il fonctionnerait sous un mode psychotique, avec des failles apparues vraisemblablement lors de l’abandon par sa mère, dans sa toute petite enfance. Le cannibale a confié à ce psychologue que «ce qui est terrible, c’est que c’est bon. C’est tendre, ça a le goût de cerf».


Lucien Venon a toutefois refusé de se prononcer quant à la responsabilité pénale de l’accusé. Plusieurs psychiatres jugent que la faculté de discernement de l’accusé aurait été «altérée» au moment des faits, mais pas «abolie». Verdict ce jeudi.