Le docteur Muller condamné à 20 ans de réclusion en appel

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Publié le 23 juin 2010.

JUSTICE - Soit autant qu'en première instance...

Le docteur Jean-Louis Muller, un ancien médecin légiste rejugé pour le meurtre par balle de sa femme en 1999, a été condamné mercredi à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises du Haut-Rhin, une peine identique à celle prononcée en première instance.

 

A l'énoncé du verdict, rendu après plus de quatre heures et demie de délibéré, l'accusé, âgé de 54 ans, s'est pris la tête dans les mains et s'est assis. Ses deux fils âgés d'une vingtaine d'années ont éclaté en sanglots.

Le Dr Muller, qui a toujours soutenu que sa femme s'était suicidée, encourait 30 ans de réclusion.

«Je suis innocent, j'aimais ma femme»

Invité plus tôt dans la matinée à s'exprimer une dernière fois avant que les jurés ne se retirent, Jean-Louis Muller avait une nouvelle fois clamé son innocence: «Je suis innocent, j'aimais ma femme et je veux tourner la page de 10 années de cauchemar pour vivre avec mes garçons et avec ceux qui m'aiment».

A l'issue de 10 jours de débats souvent tendus, les jurés ont suivi l'avocat général Madeleine Simoncello, qui avait affirmé mardi: «Brigitte Oudille n'a pas pu se suicider. La preuve c'est une construction, un ensemble d'éléments qui une fois réunis permettent de se forger une conviction».

L'absence d'une vraie preuve tangible est l'élément central de ce dossier. Les nombreux experts entendus tout au long des débats, souvent en désaccord les uns avec les autres, n'ont jamais permis de mettre en lumière un seul élément formel qui aurait pu prouver la culpabilité de Jean-Louis Muller.

«Manque d'objectivité» de l'avocat général

Ses trois avocats n'ont d'ailleurs pas manqué de souligner tous les doutes qui entourent cette affaire lors de leurs plaidoiries mardi. Ils ont par ailleurs soulevé «le manque d'objectivité» de l'avocat général.

Le 8 novembre 1999, Brigitte Muller, une documentaliste de 42 ans, avait été retrouvée morte au sous-sol du domicile conjugal d'Ingwiller, une plaie béante à la tête. Initialement, le dossier avait été classé comme suicide avant d'être rouvert au printemps 2000. Jean-Louis Muller avait alors été mis en examen pour meurtre.

Condamné à 20 ans de réclusion en première instance en 2008 à Strasbourg, il avait été libéré de prison quelques semaines après et comparaissait libre
.

Avec AFP
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