Affaire Bettencourt: Eric Woerth, soutenu par l'UMP, âprement critiqué par le PS et le PCF

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Publié le 21 juin 2010.

POLITIQUE - Les réactions pleuvent après l'annonce de la démission de la femme du ministre du Travail...

L’annonce par Eric Woerth ce lundi après-midi de la prochaine démission de son épouse de la société où elle gère depuis 2007 une partie de la fortune de Liliane Bettencourt, l'héritière milliardaire de L'Oréal, fait réagir la classe politique. Cette dernière a annoncé la régularisation fiscale de ses avoirs «qui seraient encore aujourd’hui à l’étranger».

Ainsi, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, «trouve particulièrement choquant qu'on mette en cause l'intégrité» du ministre du Travail. «Je connais Eric Woerth depuis des années maintenant, et je crois que nul ne peut mettre en cause ni son honnêteté, ni sa volonté de lutter en particulier contre la fraude fiscale», a-t-elle affirmé dans un entretien au Talk Orange-Le Figaro.

Une «tentative de déstabilisation»

Le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, a pour sa part dénoncé une «tentative de déstabilisation» du ministre du Travail, au moment où il mène une réforme des retraites contestée, tout en visant l'opposition socialiste. «Eric Woerth est aujourd'hui en charge d'une réforme fondamentale pour l'avenir de la retraite des Français. C'est très important. Et c'est à ce moment, de manière assez concomitante qu'il y a une tentative de déstabilisation du ministre en charge de cette réforme», a-t-il dit.

Interrogé pour savoir si, pour lui, les socialistes étaient «à l'origine des révélations», il a répondu: «En tous cas, ce que je note c'est qu'ils sont très prompts à monter pour demander des explications, beaucoup moins prompts à proposer des solutions au lancinant problème des retraites.»

Confusion des genres?

Harlem Désir, numéro deux du PS, avait en effet estimé plus tôt ce lundi qu'avec l'affaire Bettencourt, on assiste «à la République des proches», alors que «Nicolas Sarkozy avait parlé de République irréprochable». «Est-ce que M. Woerth, quand il était ministre du Budget, a vraiment fait en sorte que l'administration fiscale mène toutes les enquêtes sur la fiscalisation des avoirs de Mme Bettencourt ?», a demandé sur LCI Harlem Désir. «Est-ce qu'il y a eu ou non confusion des genres? De toute évidence, oui.»

Il a ajouté que les parlementaires socialistes «demanderont à l'Assemblée nationale que le gouvernement rende compte dans la transparence et dans la clarté du rôle qui a été joué par le ministre du Budget» dans cette affaire. «S'il y a eu conflit d'intérêt, il faudra en tirer les conclusions concernant la présence de M. Woerth au gouvernement», a-t-il martelé.

De leur côté, les députés communistes ont demandé ce lundi soir la démission du ministre du Travail, assurant que les «fais évoqués» dans l'affaire Bettencourt étaient «particulièrement graves». «François Fillon doit en tirer les enseignements et demander à son ministre du Travail de se mettre en congé des affaires publiques. Eric Woerth doit démissionner. Il aura tout loisir ensuite d'assurer sa défense, si besoin est", écrit dans un communiqué Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF et élu des Hauts-de-Seine.

B.D. avec AFP
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