Villiers-le-Bel, acte II. Un an après le procès en correctionnelle des émeutes, cinq jeunes sont renvoyés ce lundi devant la cour d'assises du Val-d'Oise à Pontoise. Pendant deux semaines, ils devront répondre de «tentative de meurtre en bande organisée». Ils sont accusés d'avoir tiré au fusil à pompe sur des policiers à Villiers-le-Bel en novembre 2007 lors des échauffourées après la collision mortelle entre une moto de deux adolescents et une voiture de police. Les cités de la ville s'étaient alors soulevées durant deux jours durant lesquels une centaine d'agents des forces de l'ordre avait été blessée, un commissaire roué de coups et des commerces mis à sac.
«Ce procès ne doit pas être celui de la banlieue». Pour Bachir, porte-parole du collectif «Respect, Vérité, Justice» qui a organisé samedi une marche de soutien, les émeutiers de Villiers-le-Bel doivent être jugés de façon «équitable». Le collectif de soutien des cinq accusés redoute «un procès pour l'exemple». Et dénonce des interpellations qui ont pu se faire grâce à des témoignages anonymes et des promesses de rétribution financière. Le palais de justice de Pontoise devrait être placé sous haute surveillance durant le procès, pour garantir un climat serein aux débats. Parallèlement au procès, les familles de Lakamy et Moushin – les deux adolescents tués dans l'accident – attendent toujours de faire la lumière sur les circonstances du drame. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles (Yvelines) a relancé l'enquête, en avril dernier, alors qu'un juge de Pontoise avait rendu en octobre une ordonnance de non-lieu favorable aux policiers.