Les enregistrements clandestins réalisés par un ancien majordome de la milliardaire continuent d’interroger. Liliane Bettencourt a accusé samedi sa fille, François Bettencourt-Meyers, d’être à l’origine de la manoeuvre. Ces bandes mettent au jour des stratagèmes pris par son entourage, avec son aval, pour échapper au fisc et apparemment une implication de certains hommes politiques dans les affaires judiciaires de la femme la plus riche de France.
Mis en cause, le ministre du Travail et ex-ministre du Budget, Eric Woerth, a assuré ne rien savoir des finances de Mme Bettencourt et ne pas être au courant de soupçons de fraude fiscale dans la gestion de la fortune de la femme la plus riche de France. Il a également défendu son épouse, Florence, qui travaille dans la société chargée de gérer la fortune de Liliane Bettencourt. «Ces accusations sont scandaleuses, fausses, totalement fausses. Mon épouse (...) est salariée et non pas dirigeante de cette société. Son rôle est de placer les dividendes de L'Oréal perçus par Mme Bettencourt», explique le ministre dans le Journal du Dimanche.
La révélation mercredi par le site Mediapart de ces retentissantes écoutes pirates survient avant le procès prévu du 1er au 6 juillet de l'artiste François-Marie Banier. Il est accusé par la fille de Mme Bettencourt, Françoise, d'avoir profité de la fragilité de sa mère pour obtenir près d'un milliard d'euros de dons.
Dans Le Monde, Mme Bettencourt, 87 ans, s'est dite «moralement outrée» par ces enregistrements --réalisés à son insu par son ancien maître d'hôtel entre mai 2009 et mai 2010. «Disons que ce n'est pas très courant de se faire espionner dans sa propre maison. C'est le jeu de ma fille, qui a confié ces bandes à la police. Cela me permet de porter plainte (...) Entre une mère et sa fille, c'est triste», a dit Mme Bettencourt, dont la fille estime qu'elle est affaiblie au point de dilapider son immense patrimoine.
L'avocat de Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman, a confirmé à l'AFP que sa cliente tenait sa fille et son avocat, Me Olivier Metzner, pour les instigateurs de cet «espionnage». «Il est le cerveau et le complice», a dit Me Kiejman en accusant son confrère.