Pour Michèle Alliot-Marie, c'est « encore 51 suicides de trop ». Le nombre de détenus qui ont mis fin à leurs jours au premier semestre 2010 est en légère baisse par rapport à la même période l'an dernier (56 cas recensés).
La ministre a accepté de dresser le bilan de son dispositif anti-suicide annoncé au mois d'août dernier. Depuis leur mise en place, les kits d'urgence (draps indéchirables, pyjamas en papier…) ont été utilisés à 300 reprises dans les établissements français depuis août 2009. « Ils ne sont utilisables qu'en cas de crise aiguë du détenu, de risque réel, rappelle la garde des Sceaux. Cela permet de l'empêcher de passer à l'acte. Mais ce n'est pas tenable sur la durée. » Outre ces kits, les gardiens sont désormais chargés de remplir une grille d'évaluation du risque suicidaire pour chaque détenu. « Cela a été fait pour 100 % des prisonniers », assure Michèle Alliot-Marie.
Quelque 900 gardiens, travaillant dans les quartiers spéciaux, ont également suivi une formation particulière à ce sujet. « On a aussi étendu la présence des radios dans ces quartiers spéciaux, poursuit la garde des Sceaux. Le but étant de rompre le sentiment de solitude. » Pour cela, les systèmes d'interphonie dans les prisons ont aussi été rénovés. « Ils existaient, mais ne fonctionnaient pas tous. Il y a donc eu 170 opérations de réparation. »
Mais la prison est un milieu à part. « La moitié des détenus sont atteints de troubles psychologiques, voire psychiatriques, assure la ministre qui se réjouit tout de même de voir le suicide en prison diminuer. Et 8 % d'entre eux sont carrément des psychopathes. C'est un terreau propice à la violence. » Pour prendre conscience du problème dans toute sa spécificité, Michèle Alliot-Marie a aussi demandé « une étude comparative sur le suicide à l'extérieur des prisons ».V. V