Du jamais vu « depuis plus de 50 ans », selon le préfet du Var. Après plus de 20 heures d’orage d’affilée, l’agglomération de Draguignan a reçu mardi davantage de pluie qu’en six mois de moyenne. Les intempéries ont fait au moins 20 morts, selon un bilan provisoire réalisé en fin d’après-midi. Plus d’une dizaine de personnes étaient encore portées disparues, sans qu’un chiffre exact puisse être confirmé.
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Alors que Météo France avait décrété l’alerte orange sur toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Draguignan et les communes limitrophes ont vu une vague d’eau et de boue déferler vers 17h30. « Les rues se sont transformées en rivière, on a vu des automobilistes emportés dans leur voiture », explique Max Piselli, maire (UMP) de la ville. Surpris alors qu’ils essayaient de rentrer chez eux, les 40.000 habitants de la ville se sont retrouvés, selon les quartiers, sous 1,7m d’eau. Plusieurs personnes ont été emportées par les flots, d’autres noyées chez elles. Dans la seule commune de Draguignan, on dénombre dix morts. D’après la mairie, plus de 400 voitures ont été emportées par les flots.
Dévalant les pentes, l’eau est arrivée à toute vitesse sur les communes en aval, notamment Trans en Provence. Parmi ses 5 500 habitants, le village déplore 4 morts. « Ce sont pour trois d’entre elles des personnes âgées qui se sont noyées chez elle, confirme le maire. Les rues dans le village sont plus étroites, l’eau est montée jusqu’à 2,70 m. » Toute la journée et la nuit, plus de 1500 pompiers et sauveteurs se sont relayés pour dégager des sinistrés bloqués dans leurs voitures ou sur le toit d’immeubles, de stades et de centres commerciaux.
Une douzaine d’hélicoptères de la sécurité civile ont héiltreuillé plus de 400 personnes. L’inondation a détruit tous les réseaux d’assainissement, coupé téléphone et électricité pour plus de 20 000 et 88 000 habitants dans toute la zone. Les 500 détenus de la prison de Draguignan, elle aussi touchée, ont dû être évacués sous haute surveillance. Depuis le camp de l’école d’artillerie, installée sur les hauteurs de la ville, l’armée est intervenue dès le matin pour déblayer les rues et fournir 1.500 lits de camp et rations aux sinistrés. Mercredi en milieu d’après-midi, plus de 2.000 personnes étaient à Draguignan dans des hébergements d’urgence dans des gymnases. Après avoir survolé la zone en hélicoptère, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a garanti hier « la solidarité nationale » pour les communes sinistrées, notamment au travers du classement en état de catastrophe naturelle.