Il a passé 23 ans en prison et aurait pu sortir d’ici peu de sa cellule grâce à une mesure de libération conditionnelle prise le 10 juin dernier. Mais le parquet a décidé de faire appel de cette décision, bloquant toute sortie, a appris lundi l’AFP par une source judiciaire. Le tribunal d'application des peines (Tap), compétent en matière terroriste, avait donné le 10 juin son feu vert à une mesure de libération conditionnelle de Max Frérot, l’artificier d’Action directe, qui bénéficie depuis juin 2009 d'un régime de semi-liberté, selon cette source. Une décision qui n’a pas satisfait le parquet, qui a formé un appel suspensif. Du coup, c’est désormais à la cour d’appel de Paris de statuer sur cette demande de libération conditionnelle, probablement à la fin du mois de juin.
Max Frérot est détenu depuis un an au centre de semi-liberté de Nîmes (Gard). Agé de 53 ans, il travaille dans une association culturelle liée aux éditions Actes Sud, installées à Arles (Bouches-du-Rhône) et il retourne chaque soir en détention. L’ancien terroriste a été arrêté en 1987, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans en 1989 et de nouveau condamné en 1992 à la même peine pour un attentat commis en 1986 contre le siège de la Brigade de répression du banditisme (BRB) à Paris, qui avait entraîné la mort d'un policier.
Il ne serait pas le premier membre d’Action directe à bénéficier d’un régime de semi-liberté. Joëlle Aubron, libérée en juin 2004 pour raison médicale, est morte deux ans plus tard. Nathalie Ménigon bénéficie d'une liberté conditionnelle depuis août 2008, après un an de semi-liberté. Georges Cipriani bénéficie pour sa part depuis avril 2010 d'un régime de semi-liberté. Enfin, Jean-Marc Rouillan avait bénéficié en décembre 2007 d'une semi-liberté, qui lui a été retirée en 2008 après qu’il a évoqué dans la presse les faits pour lesquels il avait été condamné. Soigné en prison pour une maladie rare, il demande une suspension de peine pour raisons médicales.