C'est bien connu : le voyou ne sort pas de chez lui quand il pleut. Le téléphone du service régional d'identité judiciaire de Versailles n'a donc pas retenti hier matin. « C'est une sonnerie à l'ancienne et très forte, décrit le commissaire Christophe Hirschmann. Ça peut être un cambriolage, la découverte d'un cadavre, un vol à main armé... A la moindre alerte, le permanent part. »
Pas d'arme à la ceinture
Ce matin-là, le permanent se prénomme Alain. Il ne porte pas d'arme à la ceinture. Il procède rarement à des interpellations, jamais à des auditions. Agent de police technique et scientifique (PTS), dont on fête les 25 ans aujourd'hui, son rôle consiste à « orienter l'enquête et exclure des hypothèses » à partir des relevés qu'il effectue sur les scènes de crime. Il arrive toujours après la bataille. Mais empreintes digitales, traces de sang ou de sperme : pour tout détecter, il a un coffre plein de matériels et deux grosses valises à côté de son bureau. Au-dessus, il a préféré punaiser l'affiche de Scarface à celle des « Experts ». « Au début, on regardait cette série américaine, avoue-t-il. Mais rapidement, on a vu que ce n'était pas possible... » A côté, le collègue d'Alain analyse justement les images d'une voiture. « Dans la série, ils nous feraient un zoom énorme sur la plaque, rigole-t-il. Pour nous, c'est juste inexploitable. » Pas grave, « on prend un maximum d'indices et de traces à chaque fois qu'on sort, précise Maxime, un autre agent de la PTS. Après, on compare avec les fichiers des empreintes génétiques, celui des empreintes digitales... »
C'est l'une des fiertés de sa collègue. Un jour, elle a eu l'idée de relever une empreinte sur un chandelier. Le coupable a été retrouvé, grâce à ça.
« Ce n'est pas toujours le cas, résume le commissaire Hirschmann. L'ADN ou la technologie apportent énormément à l'enquête de police. Mais il ne faut pas oublier les fondamentaux (auditions, voisinage, etc.). Il faut rester prudent. »
Le commissaire Hischmann aime raconter cette histoire pour nuancer l'apport de l'ADN. « On a découvert du sperme sur le cadavre d'une jeune fille violée et tuée. Le sperme nous a menés à un homme qui fréquentait les lieux. Mais il y avait quelque chose de bizarre. Le concierge, notamment, paraissait suspect. En garde à vue, il a avoué le meurtre. Il avait récupéré le sperme du premier suspect dans les poubelles et l'avait injecté dans les vêtements de sa victime. »