La rémunération est plus que confortable. Christine Boutin a confirmé percevoir depuis avril 9 500 € net par mois pour la mission que lui a confiée le chef de l'Etat en décembre dernier sur les conséquences sociales de la mondialisation. L'info, révélée hier par Le Canard enchaîné, a été confirmée par l'ancienne ministre, qui assure qu'il s'agit d'« une mission très importante, avec des rendez-vous de très haut niveau ». Plus tard, elle ajoutait sur France Info qu'elle ne démissionnerait pas de cette « responsabilité majeure qui va sans doute participer à la pacification mondiale ».
Aubaine pour la gauche
Une révélation qui fait les choux gras de l'opposition. Le patron du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, n'hésite pas à parler de « mission bidon ». « Est-ce qu'il y a vraiment mission […] ou est-ce le salaire d'un renoncement à une candidature à l'élection présidentielle ? », s'interroge de son côté Pierre Moscovici (PS). L'ancienne ministre du Logement, présidente du Parti chrétien-démocrate, ne cache pas qu'elle se présentera en 2012, si « ses idées » ne sont pas prises en compte.
Dans la tourmente, Christine Boutin tente de jouer la carte de la transparence. Son salaire s'ajoute bien à son indemnité de conseillère générale des Yvelines (environ 2 600 € brut) et sa retraite de parlementaire (près de 6 000 €), soit un total de près de 18 000 € mensuel, qu'elle a confirmé hier. « Tout ça, c'est en application de la loi. Si les textes ne sont pas bons, il faut les changer », justifie Christine Boutin.
Trois collaborateurs, et un quatrième à partir de juillet, travaillent à la mission sur les conséquences sociales de la mondialisation, pour des salaires de 6 000, 5 000 et 4 700 € mensuels. Tous sont rattachés au ministère du Travail. Au 1er juillet, un quatrième collaborateur les rejoindra, avec un salaire de 6 000 € net, a indiqué hier l'entourage de Christine Boutin. Au total, en ajoutant la rémunération versée à l'ancienne ministre, la mission coûtera, au gouvernement, à partir de fin juillet, 27 200 € chaque mois rien qu'en salaires. La mission doit « nourrir les propositions faites » aux sommets du G20 de novembre 2010 à novembre 2011 présidés par la France, a expliqué à 20minutes.fr, Vincent You, conseiller de Christine Boutin.