Une grande première. Pour la première fois, mardi, un président de tribunal a interdit aux journalistes de liver une audience, sous peine de se voir retirer leur accréditation. Le procès de l'ex-trader Jérôme Kerviel, en l'occurrence. Mais ce mercredi, volte-face: il s'agit d'un «malentendu», explique le service de presse du Palais à notre journaliste sur place. «Vous pouvez faire ce que vous voulez tant que vous ne filmez pas», lui a-t-on assuré.
Un malentendu colporté par les gendarmes présents dans la salle d'audience, et à plusieurs reprises, selon notre journaliste couvrant le procès. Ces derniers, s'exprimant au nom du président du tribunal, auraient donc tous mal compris le message de Dominique Pauthe.
«L'emploi de tout appareil permettant d'enregistrer, de fixer ou de transmettre la parole ou l'image est interdit», indique l'article 38 ter de la loi du 29 juillet 1881. Ce qui ne concerne pas la pratique du live, sur Twitter ou sur 20minutes.fr, qui revient davantage à «transmettre un écrit journalistique», selon Christophe Bigot, avocat au barreau de Paris spécialisé dans le droit de la presse.
Cependant, il appartient au président du tribunal de faire respecter la «sérénité des débats» et ce dernier a «la police de l'audience et la direction des débats». Les pleins pouvoirs, en somme. En septembre dernier, lors du procès Clearstream, Dominique Pauthe n'avait rien trouvé à redire à ce que les journalistes transmettent des informations à leurs rédactions en temps réel.
Cette fois, pourtant, c'est le même Dominique Pauthe qui aurait exigé que les téléphones portables soient «définitivement éteints», et pas juste placés sur vibreur ou en mode silencieux. Selon notre journaliste sur place, le président du tribunal avait toutefois autorisé les ordinateurs portables, et même la connexion au WiFi, mais avec interdiction totale de liver le procès. Avant de changer d'avis?