L'Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) devrait permettre à 80.000 personnes aux revenus modestes, dont 10.000 personnes âgées, de partir en vacances cette année, a-t-on appris mercredi auprès de l'agence.
L'Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) devrait permettre à 80.000 personnes aux revenus modestes, dont 10.000 personnes âgées, de partir en vacances cette année, a-t-on appris mercredi auprès de l'agence. - Fred Dufour AFP/Archives

Nouvelle étape dans l'évolution des rythmes scolaires. Un comité a été mis en place ce lundi par le ministre de l'Education nationale pour plancher sur une nouvelle configuration de la journée scolaire mais aussi du rythme annuel des congés. Les rythmes scolaires ont subi de nombreuses évolutions en France depuis la fin du 19e siècle. Retour sur les principales avec Georges Fotinos, enseignant à l'université de Tours et spécialiste de la question.
 
1882-1922: L'école pour tous tout le temps
En 1882, l'école primaire est devenue gratuite, obligatoire et laïque. «C'est l'instauration de la 3e République, le régime doit s'implanter, et l'éducation est un des vecteurs pour le faire», explique Georges Fotinos. Les vacances sont donc loin d'être la priorité et les élèves n'ont qu'un seul mois l'été. En maternelle, ce mois est même facultatif. A cette époque, ce sont les préfets qui fixent les dates des vacances. «Le calendrier est donc quasiment départemental», précise Georges Fotinos.
 
1922-1961: Du monde dans les champs et sur les plages
Après la Première guerre mondiale (14-18), la France a besoin de bras pour reconstruire et cultiver. Les vacances d'été sont rallongées de quinze jours à partir de la mi-juillet, pour permettre aux enfants de travailler. Puis en 1936, c'est le Front populaire et l'adoption des congés payés. Les vacances sont prolongées jusqu'à fin octobre! «Elles seront de nouveau raccourcies après les années 50, car les élèves décrochaient trop», rappelle George Fotinos, précisant qu'entre 1922 et 1938, de courtes vacances hors été font leur apparition en pointillé.
 
1961-1980: Le tourisme à tous crins
«Pour la première fois en 1961, le calendrier des vacances [désormais centralisé] est fixé avec l'accord du ministre du Tourisme», indique le spécialiste. On entre dans une période faste. «On est coeur des Trentes glorieuses et le niveau de vie des Français a considérablement augmenté», souligne Georges Fotinos. Le zonage est mis en place, pour faciliter la circulation sur les routes et dans les transports ferroviaires. L'école le samedi après-midi est supprimée et la pause hebdomadaire du jeudi est avancée au mercredi. Objectif: faciliter les départs en week-end, les maisons secondaires connaissant un boom «extraordinaire, y compris dans les classes ouvrières».
 
1980-1998: Les pédiatres et les pédagogues entrent dans la ronde
En 1980, le Conseil économique et social rend un rapport qui souligne que la France est le pays où la durée des grandes vacances est la plus longue avec la journée scolaire la plus chargée. Pédiatres et chronobiologistes attirent l'attention sur la fatigue des enfants, en particulier en octobre-novembre et février-mars et insistent sur la nécessité de vacances de 10 jours au moins à ces périodes. En 1985, un nouveau calendrier scolaire instaure l'alternance entre sept semaines de temps de travail et deux semaines de congé. «Mais pour fonctionner, le “sept-deux” doit être mis en place avec deux zones, explique Georges Fotinos. Or, en 1986, la droite remet en place le calendrier sur trois zones. En 1988, Jospin retente les deux zones puis revoit sa copie un an plus tard, sous la pression des lobbies.»
 
1998-20010: Le temps après l'école
En 1998, «on crée le contrat éducatif local», rappelle l'historien. Des activités périscolaires sportives ou culturelles sont proposées le midi et le soir, en lien avec les collectivités locales. En 2007, avec l'arrivée de Xavier Darcos au ministère de l'Education, ce temps est en partie réaffecté au soutien pédagogique, avec des aides personnalisées pendant la semaine mais aussi pendant les vacances. 

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