Raccourcir les vacances scolaires, réduire le nombre de zones ou travailler le mercredi ou le samedi... Changer l’emploi du temps des petites têtes blondes a des implications beaucoup plus larges. Le projet du ministère de l'Education de réformer ce calendrier en 2014 pourrait bien rencontrer des blocages. 20minutes.fr fait le point.
Le lobby du tourisme
Premier groupe qui risque de faire pression contre une modification des rythmes scolaires: le lobby du tourisme. «Ceux qui risquent d’être le plus crispés, ce sont les représentants de l’industrie du tourisme d’hiver», estime Claude Lelièvre, historien de l’éducation. En effet, en réduisant le nombre de zones, les départs en vacances seront moins étalés: moins de bénéfices au final. «Pour les vacances d’été, si elles sont plus courtes mais étalées sur deux zones, l’industrie du tourisme devrait s’y retrouver, même y gagner», poursuit Claude Lelièvre. Reste aussi à savoir comment réagira la SNCF, surtout pour les vacances d’hiver...
Le passage à deux zones avait déjà été tenté à deux reprises dans les années 80, avant que les gouvernements fassent machine arrière.
Les centrales d’achats
Autre conséquence économique: pour les centrales d’achats de la grande distribution. Georges Fotinos, spécialiste des rythmes scolaires, pointe des problèmes d’organisation pour ces centrales, qui fonctionnent sur des calendriers très en amont. La mise en place de deux zones pourrait nécessiter deux rentrées scolaires. Donc générer des stocks ou acheter en deux fois, ce qui est moins intéressant au niveau prix.
Les municipalités
Sans opposer un blocage de principe, les municipalités risquent d’être dans des situations compliquées si on modifie les rythmes scolaires: moins d’école par jour signifie plus de garderie, par exemple. Moins de vacances signifie plus de jours d’ouverture (et donc d’entretien, de cantine, etc) pour les services municipaux. En revanche, les associations municipales d'activités périscolaires pourraient y trouver un bénéfice, en voyant leur nombre d’adhérents augmenter.
«Ce sont des ajustements à faire, estime Claude Lelièvre. Il n’y a pas de raison idéologique à s’opposer à des modifications.»
Les politiques
Et si finalement, l’obstacle principal était politique, s’interroge Claude Lelièvre. «Le ministre ne semble pas vouloir se décider vite. Il a promis qu’il n’y aurait pas de modification des vacances scolaires pour les trois prochaines années», explique-t-il. Autant dire que les délais nous amènent après l’élection présidentielle, donc avec un nouveau gouvernement et peut-être une nouvelle majorité au pouvoir.