Barbara Dalibard, directrice Voyages de la SNCF
Barbara Dalibard, directrice Voyages de la SNCF - S. Pouzet/ 20 MINUTES

Va-t-on vers une hausse des tarifs si la nouvelle loi sur le marché de l’électricité (Nome) est adoptée, comme cela a été évoqué vendredi dernier?

Il n'y a absolument aucun lien entre les deux sujets. Les tarifs des TGV ont augmenté de 1,9% en janvier dernier et aucune nouvelle hausse n’est prévue cette année.
 
Sans hausse des prix, comment augmenter la rentabilité du TGV qui a beaucoup baissé ces dernières années?

Le TGV a toujours été le moteur économique de la SNCF et il est donc très important qu’il le reste, pour soutenir d’autres activités moins rentables.

Nous voulons tout d’abord continuer à augmenter le taux de remplissage de nos trains. La croissance des réservations dans les TGV a d’ailleurs repris depuis le début de l’année.

Nous sommes ensuite en pleine discussion avec l’Etat et Réseaux ferrés de France (RFF) sur l’équilibre économique du système ferroviaire.

Notre objectif est enfin de préparer l’arrivée de la concurrence sur le transport des passagers internationaux. Les premiers trains de Trenitalia et Veolia sont attendus fin 2011.
 
Quelle est votre stratégie pour affronter ces nouveaux concurrents?

Nous allons avant tout miser sur les services aux clients. La SNCF compte développer de nouvelles offres pour faciliter le transport et apporter plus de sérénité durant le voyage. Dès le 8 juin, l’e-billet sera par exemple accessible sur 20 destinations puis généralisé sur l’ensemble du réseau.

Nous continuons aussi à travailler sur la connexion Internet dans les trains. A la fin de l’année, toutes les rames du TGV Est seront équipées du Wifi. Ces investissements sont cependant très coûteux et nous devons donc tester qu’il y a une demande de la part de nos clients.
 
Y aura-t-il une guerre des prix avec vos concurrents?

Le TGV est déjà 20 à 30% moins cher que dans les autres pays européens. Nous allons continuer de travailler sur une offre tarifaire riche et lisible pour notre clientèle. Mais il y aura évidemment une pression sur les tarifs. La SCNF va donc développer ses petits prix, comme les billets prem’s, et réfléchir à de nouvelles propositions.
 
Cette recherche de la rentabilité pour les TGV va-t-elle passer par des suppressions de lignes?

Guillaume Pepy (ndlr: président de la SNCF) a déjà expliqué qu’il n’y aurait aucune suppression cette année. L’important c’est de regarder la demande de nos clients et  d’assurer l’offre de transport pour y répondre. Il n’y a pas forcément des besoins pour les lignes TGV partout, tous les jours de la semaine et à toutes les heures.

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