Nouvelles révélations sur Karachi: «Clearstream 2» ou «mensonge d’Etat»

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Publié le 3 juin 2010.

REACTIONS - La classe politique ne s’est pour l'instant pas pressée de commenter les nouvelles révélations sur de supposées rétrocommissions…

C’est peut-être la complexité de l’affaire ou son côté ultra-sensible, mais en tout cas, les politiques de tous bords se pressent pas au portillon pour commenter les dernières révélations dans l’affaire de Karachi. Mercredi, Mediapart a révélé un rapport de la police luxembourgeoise qui étaie les soupçons de rétrocommissions vers la France à l'occasion de ventes d'armes, via une société off-shore créée avec l'aval, en 1994, du ministre du Budget Nicolas Sarkozy. Ruant dans les brancards, Marine Le Pen a réclamé jeudi matin la démission du chef de l’Etat. «S'il y a des preuves de cette implication, il doit bien entendu démissionner», a-t-elle déclaré sur BFM TV/RMC Info, estimant que «ces éléments» lui apparaissaient «assez crédibles, sans vouloir toucher à la présomption d'innocence».

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Plus prudent, Manuel Valls a demandé que «l’ensemble des documents» de la police du Grand-Duché soit transmis à la justice française. «Il faut qu'il y ait de la transparence, qu'on déclassifie un certain nombre de documents», a-t-il affirmé sur RTL. Le député-maire socialiste d’Evry a également réclamé la mise sur pied d'«une véritable commission d'enquête qui permette de faire la lumière sur cette affaire», alors que la mission d’enquête parlementaire n’a pas cessé de se plaindre de l’obstruction qu’elle juge volontaire de la part du pouvoir français dans cette affaire. Sur la même ligne, le socialiste Harlem Désir a demandé que le secret défense soit «levé» sur «toutes les pièces du dossier» relatif aux ventes d'armes au Pakistan afin «que cessent les soupçons qui finissent par entacher la réputation de la France».

 «Amalgames pour salir» Sarkozy 

Du côté de la majorité, on fait évidemment bloc avec le chef de l’Etat. Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement évoque «une fable à épisodes». «Le président de la République est totalement étranger à cette affaire», a-t-il assuré jeudi matin sur LCI. Il faut, selon lui, «faire attention à ne pas se laisser instrumentaliser» et à «ne pas tomber dans les excès, même si on peut comprendre le chagrin et la détresse des familles» des victimes de l'attentat de Karachi.

Le député UMP Axel Poniatowski déplace, lui, le débat sur un autre terrain en se demandant si, avec cette affaire, on n'allait «pas assister à un Clearstream 2 avec l'affaire de Karachi». Sur LCI également, le député s’est dit «absolument scandalisé par ces amalgames mis bout à bout pour salir le président de la République». D’après lui, «dans cette affaire il y a un détournement d'attention, parce que le sujet ce n'est pas les rétrocommissions (...) le sujet c'est pourquoi est-ce que vous avez des ingénieurs de la DCN qui ont été assassinés. Et je ne crois pas une seconde que ce soit pour des histoires de rétrocommissions mais beaucoup plus pour des histoires de commissions». Pour Me Olivier Morice, l’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, ces nouveaux éléments renforcent sa thèse: «Nous ne sommes pas en présence d'une fable mais d'un mensonge d'Etat». Et de préciser que «les familles sont indignées et demandent la démission» de Nicolas Sarkozy.

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