La consommation d'alcool s'est banalisée, de l'apprenti à l'étudiant. Des habitudes ont été prises le jeudi soir dans les grandes villes, à tel point que certaines universités évitent de programmer des cours obligatoires le vendredi matin.
Ils sont dans un comportement d'opposition à la réalité qui prendrait une dimension autothérapeutique. S'ils sont un peu déprimés ou anxieux, ils se «soignent» de cette façon. Boire beaucoup, c'est une façon de ne pas affronter tout ce qui est angoissant: les choix à faire, l'avenir ou l'éventualité du chômage... Ce qui est nouveau dans le «binge drinking», c'est de rechercher la défonce pour se sentir un autre. L'alibi est d'être en groupe, mais l'individu se retrouve seul au sein de ce groupe, qui ne lui a permis que de s'autoriser à boire.
L'effet désinhibiteur peut déboucher sur des prises de risques. Pour s'affirmer, ils vont oser des défis et se mettre en danger. C'est comme ça que nous avons eu ce mort [à Nantes]. Ça peut arriver à tout le monde.