Luc Chatel justifie l'augmentation du nombre d'élèves par classe

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Publié le 1 juin 2010.

EDUCATION - Le ministre réagit après la publication de documents internes visant à réduire le nombre d'enseignants...

Contraint de s'expliquer. Luc Chatel a confirmé ce mardi le fait que le ministère de l'Education travaillait sur différentes pistes avec les académies pour réduire le nombre d'enseignants entre 2011 et 2013. La veille, le Parisien avait publié des documents internes révélant que l'augmentation des effectifs par classe en primaire et au collège était notamment envisagée. Objectif: respecter l'objectif du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Interrogé dans les couloirs de l'Assemblée, Luc Chatel a rétorqué ce mardi que «la question des moyens n'[était] pas la réponse aux problèmes de l'Education nationale aujourd'hui». «C'est une question d'organisation, d'efficacité du système», qui relève d'un travail «académie par académie, école par école à partir des besoins locaux», afin de «s'adapter à la diversité des situations que l'on rencontre».

«On peut être 32 par classe à Henri IV»

Le ministre s'appuie notamment sur un récent rapport de la Cour des comptes qui explique que les enquêtes internationales ne montrent pas une meilleure efficacité lorsque le taux d'encadrement est plus important.

Il faut «davantage de moyens là où il y a davantage de besoins», a ajouté Luc Chatel sur RTL, en prenant l'exemple du lycée Henri IV à Paris «où l'on peut être 32 par classe sans problème; par contre, dans un collège d'une zone difficile, il ne faut pas être plus de 22».

Selon lui, il y a par ailleurs 700.000 élèves de moins en France qu'au début des années 1990 et 50.000 professeurs de plus. «Nous avons un taux d'encadrement qui est plus important en France que celui d'autres grands pays développés», insiste-t-il. Pourtant, selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en 2007, la France avait 22,6 élèves par classe en primaire et 24,3 dans le secondaire, plus que la moyenne de l’OCDE: respectivement 21,4 et 23,9 élèves.

Entre 15.000 et 17.000 suppressions de postes?

Des arguments battus en brèche par l'opposition. Le Parti socialiste, qui évalue entre 15.000 et 17.000 le nombre de postes supprimés en 2011, dénonce un gouvernement «cynique et brutal». «Rarement la chasse aux économies aura fait aussi peu de cas de l'intérêt des élèves et de toute réflexion sur les finalités de l'école», écrivent dans un communiqué le premier secrétaire, Martine Aubry, et le secrétaire national à l'Education, Bruno Julliard.

Les spécialistes réfutent aussi l'argument du ministère: «Les études montrent que la réduction de la taille des classes a un impact très significatif sur les acquis des élèves, par exemple, en français et en mathématiques, mais aussi sur les facteurs comportementaux: ils travaillent plus en cours», a réagi le chercheur Pascal Bressoux, qui dirige le laboratoire en sciences de l'Education de l'Univesité Pierre-Mendès-France de Grenoble.

«Racler les fonds de tiroirs»

Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris et auteur d'une étude publiée en 2006 par les services du ministère, renchérit: «Je montrais qu'en primaire, on apprend mieux à lire et à calculer quand on est 20 au lieu de 25. C'est encore plus vrai pour les enfants de milieux défavorisés.»

Du côté des parents d'élèves, on déplore que le ministère «racle les fonds de tiroirs». Pour la Peep, si «la question des moyens» n'est pas «centrale», «il y a des seuils à ne pas franchir».

Catherine Fournier avec agence
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